La défiance dans les 7ème et 8ème circonscriptions électorales du Bénin des forces cauris pour un Bénin émergent par les formations et mouvements proches de l’opposition s’accentue considérablement. Au point où la réélection de ces députés et autres transfuges risquent de connaître un coup terrible. L’Union pour la majorité présidentielle plurielle (Umpp) perd du terrain dans cette région considérée au départ comme le fief du régime actuel. De façon exponentielle, les partisans et sympathisants des cauris lâchent ceux qu’ils avaient considérés en 2007 comme des leaders charismatiques. Et ces personnalités qui se sont forgées des images d’hommes de salut pour bénéficier de la confiance des populations voient leur réélection fondre en une utopie. La cacophonie qui règne dans la gestion de la base de l’alliance des cauris et les probables guerres de positionnement entre les élus Fcbe et les transfuges font partie intégrante des causes de la brûlante descente aux enfers de ces députés. Les populations désillusionnées par les nombreux camouflages du processus de réalisation de la Lépi se voient désormais mis à l’écart de la gouvernance de la cité par le prince. La désillusion est à son comble et rien n’augure d’un bel avenir politique pour les chantres du Changement dans une région qu’ils avaient considérée comme leurs tenailles au point de délaisser son développement au profit des luttes politiciennes. De nombreux projets de développement lancés à coup de milliards de francs Cfa sont en souffrance et les populations deviennent davantage martyrisées. La vitesse avec laquelle dégringolent les députés Fcbe interpelle la conscience de tous. Jamais on n’a assisté à une chute brutale d’hommes politiques. L’autre avait raison à l’époque de parler d’adolescents politiques. La lune de miel semble être terminée et chacun y va de son côté. On assiste à une refondation des mouvements politiques se réclamant il y a quelques jours du pouvoir mais aussi à la naissance des mouvements s’affichant clairement de l’opposition. Les moins courageux et inquiets des probables répressions disent attendre la veille des échéances électorales pour dévoiler au grand public leur appartenance et leur choix. Et depuis l’humiliante intervention de certains politiques appelés à manger à la table du pouvoir dans des affaires estudiantines, le désarroi devient croissant. On craint désormais l’instrumentalisation de toutes les institutions pour forcer la victoire en 2011. Ce qui s’annonce impossible car la vigilance des populations dans la gestion des affaires de la République montre qu’une grande victoire de l’opposition est en gestation. Même si le G13 ou l’Upr a préféré prendre une retraite saisonnière dans l’animation de la vie politique à l’exception de quelques jeunes déterminés pour l’alternance, l’Alliance l’Union fait la Nation en profite pour asseoir une certaine domination légendaire sur le terrain. Les sections départementales et communales se préparent à être installées. La preuve est que les membres de l’alliance UDD Wologuèdè (PSD, RB, MADEP) ayant permis l’accession au pouvoir de Boni Yayi attendent leur mutation en l’Union fait la Nation. Les rencontres entre les membres des partis fondateurs de l’Un se multiplient dans la région afin de mettre sur pied la coordination départementale. La réélection en 2011 des députés Fcbe et de leurs camarades transfuges s’annoncent dure et se montre impossible car les partisans du chef de l’Etat sont déçus par les agitations politiques. Et ces députés feraient mieux de rejoindre le rang de l’Un s’ils ne veulent pas cautionner leurs propres morts politiques prématurées.
Célestin HOUNKPE