615 visites en ce moment

Le 3 février 2026, le président Donald Trump a fait réactiver l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) pour une période d’un an, avec effet rétroactif au 30 septembre 2025, prolongeant ainsi l’accès sans droits de douane au marché américain jusqu’au 31 décembre 2026.
Cette mesure touche une trentaine de pays africains, dont le Bénin, le Ghana, la Côte d’Ivoire ou le Sénégal. Elle couvre un large éventail de produits comme les textiles, ignames, automobiles, à condition de respecter des critères de pluralisme politique, de droits humains et de lutte contre la corruption. En 2024, les exportations sous l’AGOA pour l’ensemble des membres, ont atteint 8,23 milliards de dollars, avec 50 % provenant d’Afrique du Sud et 20 % du Nigeria. Pour le Bénin, le régime représente une opportunité de diversifier ses exportations textiles et agro‑alimentaires, tout en bénéficiant d’une préférence tarifaire précieuse pour planifier ses chaînes d’approvisionnement.
Instabilité américaine : un risque pour la sécurité et la croissance régionale
Toutefois, la décision de réduire la durée initialement prévue de trois ans à un seul an, après un vote de la Chambre des représentants puis un arbitrage sénatorial, révèle une politique américaine hésitante. Les industriels kényans et les syndicats du Lesotho dénoncent déjà le caractère « bouffée d’oxygène » de l’extension, soulignant qu’elle ne sécurise pas les investissements à moyen terme et laisse les entreprises dans l’incertitude. Le représentant au Commerce, Jamieson Greer, a même lié la prolongation à des exigences nouvelles : ouverture accrue aux produits américains et prise en charge de personnes expulsées des États-Unis. Cette utilisation du commerce comme levier politique expose les économies africaines à des fluctuations de politique intérieure américaine, ce qui peut fragiliser la stabilité sécuritaire et économique du sous‑région ouest‑africaine.
Face à cette volatilité, les décideurs béninois gagneraient à renforcer leurs alliances régionales, à diversifier leurs marchés d’exportation et à consolider les mécanismes de suivi du respect des critères de l’AGOA afin de limiter les pressions extérieures. Une coopération accrue avec les organisations de la CEDEAO et des partenaires européens ou asiatiques pourrait compenser le manque de visibilité offert par Washington. En misant sur la transformation locale du textile et l’amélioration des standards de gouvernance, le Bénin pourra transformer la courte reconduction de l’AGOA en un tremplin durable, plutôt qu’en une dépendance soumise aux aléas d’une politique américaine.
www.24haubenin.bj ; L'information en temps réel
















