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Au petit matin du 27 novembre, une vingtaine de camions chargés de fûts de yellow cake ont quitté la mine d’Arlit, direction le port de Lomé au Togo. Le convoi, qui devra traverser le Niger, le Burkina Faso et le Togo, passe par des zones contrôlées par des groupes armés terroristes. Transporter une matière estimée à 170 millions de dollars , soit près de 250 millions d’euros représente un risque sanitaire, sécuritaire et juridique majeur pour les populations locales.
Le yellow cake, concentré d’uranium contenant entre 60 et 75 % d’uranium, n’est pas dangereux sous forme solide, mais il peut être raffiné en uranium enrichi. En cas de déversement accidentel, les poussières radioactives se propagent dans l’air et le sol, menaçant la santé des riverains et contaminant les nappes phréatiques durablement. Le stock de 1 000 tonnes provient d’un stock contesté devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), qui a ordonné au Niger de ne pas vendre ni transférer la matière. Le gouvernement a toutefois choisi de négocier une vente à la Russie, l’exposant de facto à des sanctions économiques lourdes, dont le gel d’aides internationales, qui retomberaient inévitablement sur la population.
Le gouvernement nigérien aurait exigé le paiement de la cargaison en or ou en liquide, un mode de règlement difficilement traçable par les institutions financières mondiales. Certains observateurs suggèrent que le convoi de 54 camions, pourrait également contenir des liquidités destinées à garantir un passage sûr dans les zones à risque. Si aucune preuve concrète n’a été confirmée, le dirigeant de BM TRANS, Baye Mohamed, a déjà négocié des passages contrôlés par des groupes djihadistes a plusieurs reprises.
Itinéraire risqué
Suite à la fermeture de la frontière béninoise, le trajet a été redirigé vers le Burkina Faso. Le convoi traverse des zones contrôlées par des groupes armés terroristes, comme le JNIM, ce qui rend chaque kilomètre particulièrement dangereux. Des mercenaires russes, estimés à une trentaine selon des sources locales, seraient chargés de la protection de la précieuse cargaison, renforçant une centaine de gardes nationaux. Le convoi parti d’Arlit, aurait traversé Abalak au début de la semaine, le 1er ou 2 décembre. Poursuivant sa route direction Niamey, avec une vitesse moyenne estimée de 30km/h, le convoi serait toujours au Niger, se rapprochant doucement du Burkina Faso.
Cet acheminement expose le Niger à un pari extrême, obtenir des fonds rapidement tout en contournant les contrôles des instances internationales. Le jeu en vaudra-t-il la chandelle ? La cargaison arrivera-t-elle à bon port sans encombres ? La Russie est-elle l’acheteur final ou sert-elle de façade pour alimenter d’autres régimes, comme l’Iran ou la Corée du Nord ? Le peuple ouest‑africain doit rester vigilant et s’interroger face à des manœuvres qui mettent en jeu la sécurité régionale.
Omar SYLLA !
X : @Le_Ndar_Ndar

















