jeudi, 11 août 2022 •

476 visiteurs en ce moment


 
 

 
 
 
 
FIL D'ACTUALITÉ

Pour un Bénin au destin national




(Par Roger Gbégnonvi)

​Pour se révéler nation, des peuples dispersés, voire adversaires, se reconnaissent un destin commun. Pour l’accomplir en étant ensemble et forts, ils se donnent la main « contre le Sort, contre l’Histoire, contre la Nature », écrit Aimé Césaire, majuscules de rigueur. En chemin pour la nation, les Béninois ont bien pris conscience des étapes à parcourir.
​Il y a 45 ans, c’était en 1975, nous avons fait un grand pas vers notre unité en cessant de nous appeler Dahoméens pour devenir Béninois. Quinze ans après le 1er août 1960, il fut temps pour nous de corriger une incohérence de notre histoire. Ainsi que l’écrivait Robert Cornevin en 1962, le Dahomey constituait « le seul exemple où le nom d’un royaume vaincu ait déterminé l’appellation d’une entité territoriale cinq fois plus grande ». Ce qu’un député français appela « Ce couloir du Dahomey…, comme accès au Niger et comme débouché sur le Bénin de tout le Soudan Central » fut dessiné au Congrès de Berlin en 1885. On y jeta, sans demander leur avis, les peuples du Centre et du Sud, en proie aux guerres d’Abomey, et ceux du Nord sans grand contact avec les ci-dessus. De cet imbroglio, l’Histoire nous fait devoir de « réussir quelque chose d’impossible ! » (A. Césaire) Nous nous y attelons. Et ce fut une décision intelligente et civique que celle de nous rassembler sous un nom, propriété de tous.
​Mais, voulant peut-être ménager Abomey, nous avons quitté une incohérence pour une autre en décrétant Béhanzin héros national, grand-maître de l’ « entité territoriale cinq fois plus grande » que la sienne. Absurde. Car les peuples qui ne s’acceptaient pas Dahoméens ne peuvent pas accepter comme héros de la nation béninoise quelqu’un qui, dans le sillage de ses prédécesseurs, a accompli la mission de protéger la terre héritée de ses ancêtres et de l’élargir par des guerres à ses voisins proches et lointains. Fidèle à sa mission sacrée, il ne lésinait pas sur les moyens. En 1892, alors que l’esclavage était aboli, il s’y adonna encore clandestinement afin d’acquérir les armes qu’il lui fallait pour bouter dehors ceux qui avaient entrepris de lui voler son héritage. Ne pouvant plus aller chercher le gibier-esclave chez les voisins lointains, « Béhanzin s’attaquait tout simplement aux paisibles populations d’Abomey et de ses alentours sans considération de rang social ou royal. Le bas-peuple était le plus éprouvé », écrit Justin Fakambi en 1992. Aucun roi d’Abomey n’avait en héritage des hommes et des femmes á défendre mais la terre à étendre en sacrifiant, s’il le fallait, des proches parents. Il n’est donc pas surprenant que Béhanzin ait aujourd’hui encore à Abomey des ennemis déterminés. Oser imaginer ce guerrier local en héros national ?
​« Dieu, considérez que nous ne nous entendons pas nous-mêmes et que nous ne savons pas ce que nous voulons et que nous nous éloignons infiniment de ce que nous désirons ». La réflexion de sainte Thérèse d’Avila au 16ème siècle sonne étrangement vraie dans notre contexte béninois de fin XXème siècle. Mais peut-être nous parlera davantage le geste surprenant de Willy Brandt. Visitant en décembre 1970 l’ancien ghetto de Varsovie, le Chancelier allemand s’agenouille pour rendre hommage aux victimes du nazisme. Demander pardon. Aucun protocole d’Etat ne prévoit une telle attitude d’humilité profonde. Geste chrétien ? Mais Willy Brandt n’était pas un dévot. Peu importe. Il voulait réussir quelque chose de nouveau et de beau, de grand et de noble, « réussir quelque chose d’impossible ».
​Nos ethno-cultures pratiquent plutôt menace et vindicte que miséricorde et pardon. Mais elles ne nous interdisent pas de prendre ailleurs la force vertueuse pour nous élever. Nous écouterons donc Thérèse d’Avila. Nous regarderons Willy Brandt. Nous laisserons tomber les tables de la loi obsolète et passéiste. Nous passerons au travers des coutumes et traditions sclérosées. Ainsi libérés, nous marcherons pour un Bénin au destin national.

www.24haubenin.bj ; L'information en temps réel

25 juillet 2020 par Judicaël ZOHOUN




03 choses à retenir sur cette statue pour ne pas être trompé


12 mai 2022 par La Rédaction
Depuis le 9 mai 2022, une polémique est née par rapport à la gigantesque (...)
Lire la suite

Attention il n’y a pas mort d’homme


8 mai 2022 par La Rédaction
Une vidéo montrant un homme qui gît par terre avec une foule mécontente (...)
Lire la suite

Attention cette vidéo n’a rien à voir avec le Mali


12 janvier 2022 par La Rédaction
Une vidéo qui affiche le drapeau malien et des soldats en cagoule (...)
Lire la suite

Voici la vraie raison de l’acte


1er novembre 2021 par La Rédaction
Une vidéo montrant un homme détruisant les cabines de 5 camions sur un (...)
Lire la suite

Faux ! Nestor Wadagni n’est pas mort du Covid-19


4 septembre 2021 par Judicaël ZOHOUN
Nestor Wadagni n’est pas décédé de la Covid19. Il était admis au Centre (...)
Lire la suite

Pas de lien scientifique entre les vaccins et le groupe sanguin


30 août 2021 par Marc Mensah
Le directeur de l’Agence nationale des soins de santé primaires, Dr (...)
Lire la suite

Covid-19 et paludisme : convergences et espoir


7 août 2021 par Judicaël ZOHOUN
(Par Roger Gbégnonvi) ​Si comparaison était raison, l’on pourrait dire (...)
Lire la suite

Rosine forever


2 août 2021 par Judicaël ZOHOUN
​Car Mme Rosine Vieyra Soglo n’a pas traversé le ciel béninois à l’instar (...)
Lire la suite

Biya et Monsengwo ou l’illusion de l’au-delà ?


24 juillet 2021 par Judicaël ZOHOUN
​Question inépuisable. L’homme angoissé y répond depuis l’apparition des (...)
Lire la suite

Lecture de la lettre de Macron à Talon


22 mai 2021 par Judicaël ZOHOUN
​« A la suite de la confirmation par la Cour constitutionnelle de [sa] (...)
Lire la suite

Allah-Dieu et l’initiative de l’homme


15 mai 2021 par Judicaël ZOHOUN
​La croissance démographique et la piété agissante des fidèles d’Allah et (...)
Lire la suite

Conseils à la France pour sa survie


8 mai 2021 par Judicaël ZOHOUN
​Trois événements récents et successifs révèlent le malaise français. Un (...)
Lire la suite

Besoin d’une Négritude d’avenir


3 avril 2021 par Judicaël ZOHOUN
​Recherches méthodiques et publications savantes ont permis à Cheikh (...)
Lire la suite

Et si l’argent tuait vaccins anti Covid-19 et humanisme ?


27 mars 2021 par Judicaël ZOHOUN
​Dès le début de la pandémie, avant même que l’OMS ne la baptise Covid-19, (...)
Lire la suite

Abondance du vide et du mensonge au Bénin


20 mars 2021 par Judicaël ZOHOUN
(Par Roger Gbégnonvi) ​Elle a 25 ans. Jolie sans être maquillée. (...)
Lire la suite

Mali, Panafricanisme et CFA


29 août 2020 par Judicaël ZOHOUN
(Par Roger Gbégnonvi) ​L’auteur de ‘‘L’aventure ambigüe‘‘ a dépeint avec (...)
Lire la suite

Soixante ans d’indépendance sous le signe du respect


18 juillet 2020 par Judicaël ZOHOUN
(Par Roger Gbégnonvi) ​Il est au Bénin des survivants dahoméens (...)
Lire la suite

George Floyd et nous


20 juin 2020 par Judicaël ZOHOUN
(Par Roger Gbégnonvi) ​Même quand fait rage la guerre et que, de part (...)
Lire la suite


ÉCOUTER FRISSONS RADIO


Derniers articles



Autres vidéos





Les plus populaires