24 Heures au Bénin https://www.24haubenin.bj Webzine, Quotidien Béninois indépendant, d'analyses et d'information en ligne Tue, 03 Aug 2021 21:04:18 +0200 fr-FR hourly 1 Spip 24 Heures au Bénin https://24haubenin.com/local/cache-vignettes/L144xH117/siteon0-fad27.png?1628017570 https://www.24haubenin.bj 117 144 Rosine forever https://24haubenin.com/?Rosine-forever https://24haubenin.com/?Rosine-forever Mon, 02 Aug 2021 08:50:19 +0200 fr Judicaël ZOHOUN <p>​Car Mme Rosine Vieyra Soglo n'a pas traversé le ciel béninois à l'instar d'une étoile filante. Elle s'est installée dans le paysage béninois comme un roc. Une épopée. Une légende. La saga Rosine. Rosine fut de la race de ceux qui refusent de vivre inutilement, la race de ceux qui n'acceptent pas que de naître, manger, procréer, mourir. L'avocate Vieyra Soglo, avant de se révéler à ses compatriotes comme pôle d'énergie, a dû être toujours telle qu'en elle-même, « une force qui va », bousculant et réveillant sur (...)</p> - <a href="https://24haubenin.com/?-Chronique-" rel="directory">Chronique </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.com/local/cache-vignettes/L150xH74/arton32701-ad69a.jpg?1628017574' width='150' height='74' /> <div class='rss_texte'><p>​Car Mme Rosine Vieyra Soglo n'a pas traversé le ciel béninois à l'instar d'une étoile filante. Elle s'est installée dans le paysage béninois comme un roc. Une épopée. Une légende. La saga Rosine. Rosine fut de la race de ceux qui refusent de vivre inutilement, la race de ceux qui n'acceptent pas que de naître, manger, procréer, mourir. L'avocate Vieyra Soglo, avant de se révéler à ses compatriotes comme pôle d'énergie, a dû être toujours telle qu'en elle-même, « une force qui va », bousculant et réveillant sur son passage les gens endormis et statiques. Au grand étonnement d'une société grosso modo machiste, Rosine prit résolument les choses en main aux côtés de son mari désigné Premier Ministre. Quand ce dernier, élu Président de la République, devait prêter serment pour entrer officiellement dans ses fonctions, c'est Rosine qui prêta serment en renfort à Nicéphore à la voix devenue murmure de souffrance et de douleur. La cérémonie terminée sans discours du Président, Rosine mit son mari dans un avion, et les deux partirent au loin, en quête de guérison et de santé pour l'éprouvé. Six mois d'attente et d'angoisse pour le peuple craignant que sa toute jeune démocratie ne s'effondre. Le couple revint, rayonnant, acclamé par la foule en liesse.<br class='autobr' /> ​Alors ce qui avait germé timidement à l'ombre de la Primature s'épanouit fièrement au soleil de la Présidence : Rosine imposa le statut de First Lady. Pas un bouquet géant et mobile à côté du Président. Pas une grande poupée souriant à ses côtés. Car Rosine créa très vite la Renaissance du Bénin, parti politique, qu'elle dirigea d'une main de fer et de fée. A l'une des législatures, elle fit remporter à la RB vingt-sept sièges de député au milieu d'une flopée de plus de 200 autres formations parties à l'assaut des 83 fauteuils du Parlement. Les campagnes électorales de Rosine étaient ardentes, menées tambour battant. Palpitantes. Et Rosine était, sans détour et sans discussion, la colonne vertébrale de son mari au pouvoir.<br class='autobr' /> ​A quoi, à qui comparer Mme Rosine Vieyra Soglo ? A elle-même. Au temps récent où les tempêtes dévastatrices portaient exclusivement de jolis noms de femme, il eût été juste et bon d'en baptiser une Rosine Soglo. A la différence que la tempête Rosine ne dévastait pas, elle était une tempête, et il valait mieux ne pas se mettre en travers. Rosine ne faisait pas commerce de tendresse. Pourtant, derrière la hardiesse de la tigresse se cachait un bel amour de mère. Et tout le monde avait fini par savoir que, pour le bon déroulement des négociations, il fallait appeler Rosine Maman et non pas Mme la Présidente. Et le comble, c'était quand vous alliez à Rosine avec un bébé dans les bras. La tempête, alors, fondait en zéphyr, devenait vent caressant. En ses instants maternels, Rosine se révélait capable de vous offrir le ciel et la terre, quitte à les arracher à Dieu pour vous. Hélas, interlocuteurs et négociateurs n'avaient pas toujours un bébé á présenter au volcan pour transformer ses éruptions non dévastatrices en éruptions carrément apaisées et apaisantes. Aussi, fidèle à sa nature rudement pacifique, Rosine a-t-elle dû suspendre moult réunions qu'elle présidait et dont les participants étalaient la marmelade de leur indécision et de leurs atermoiements.<br class='autobr' /> ​Sans doute écrivaine et poétesse dans le tréfonds de son âme, la maîtresse femme Rosine aura incarné le vœu d'André Malraux, écrivain tragique qui rêvait de « laisser une cicatrice sur la terre ». Amazone singulière après les Amazones d'Abomey, Rosine aura montré aux Béninoises et Béninois l'art de « transformer un destin subi en un destin dominé ». Maman Rosine aura-t-elle parfois fait la part un peu trop belle aux sien ? On l'en a soupçonnée. En ayant oublié Arthur Rimbaud : « Ô saisons ! ô châteaux / Quelle âme est sans défauts ? » En ayant oublié Victor Hugo : « Oh ! l'amour d'une mère ! » Ô Rosine !<br class='autobr' /> ​Oui, c'était Rosine. Femme entière. Femme de passion et de courage. Rosine forever.</p></div> Biya et Monsengwo ou l'illusion de l'au-delà ? https://24haubenin.com/?Biya-et-Monsengwo-ou-l-illusion-de-l-au-dela https://24haubenin.com/?Biya-et-Monsengwo-ou-l-illusion-de-l-au-dela Sat, 24 Jul 2021 09:58:02 +0200 fr Judicaël ZOHOUN <p>​Question inépuisable. L'homme angoissé y répond depuis l'apparition des premières tombes dédiées à sa dépouille mortelle et témoignant d'une attente (?). Tant qu'on a la vie devant soi, on ne fait que vivre. Mais lorsque, pour diverses raisons, le temps qu'il reste à vivre paraît plus court que le temps déjà vécu, on vit alors avec le souci de la mort et, surtout, de son corollaire l'au-delà, qui fait de la mort un simple passage obligé vers la vie éternelle depuis que l'homme ne supporte plus l'idée de sa (...)</p> - <a href="https://24haubenin.com/?-Chronique-" rel="directory">Chronique </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.com/local/cache-vignettes/L150xH74/arton32544-7177a.jpg?1628017753' width='150' height='74' /> <div class='rss_texte'><p>​Question inépuisable. L'homme angoissé y répond depuis l'apparition des premières tombes dédiées à sa dépouille mortelle et témoignant d'une attente (?). Tant qu'on a la vie devant soi, on ne fait que vivre. Mais lorsque, pour diverses raisons, le temps qu'il reste à vivre paraît plus court que le temps déjà vécu, on vit alors avec le souci de la mort et, surtout, de son corollaire l'au-delà, qui fait de la mort un simple passage obligé vers la vie éternelle depuis que l'homme ne supporte plus l'idée de sa finitude. Or, même dans le camp des acquis à la cause, la vie après la mort tiendrait plus de l'espérance que de la certitude.<br class='autobr' /> ​Et c'est le doute qui s'installe au regard du récent chassé-croisé entre un vétéran de la politique, serviteur en chef du peuple camerounais, et un prince de l'Eglise, serviteur dévoué du peuple congolais. Le 17 juillet 2021, le président Paul Biya arrive à Genève où il a ses habitudes pour des soins médicaux fiables. Pas officiellement malade, mais âgé. Or de Gaulle a dit que « la vieillesse est un naufrage ». Naufrage dont ne veut nulle personne âgée. Le lendemain, 18 juillet 2021, la dépouille mortelle du cardinal Laurent Monsengwo arrive à Kinshasa. Une semaine auparavant, le prélat était allé à Versailles pour y conjurer le naufrage de l'âge et de la maladie. Suisse et France. Parce que l'Afrique aurait partie liée avec le malheur, et qu'il faille, en cas d'urgence et si on le peut, chercher le salut loin d'elle.<br class='autobr' /> ​Mais, quelle que soit leur condition de vie, de prolonger cette vie ici et maintenant est le vœu que les hommes chérissent en commun, en parfait accord avec le malheureux de La Fontaine appelant la Mort à son secours. Quand elle vint pour le délivrer : « N'approche pas, ô Mort ! Ô Mort, retire-toi ! » Aucun désir d'une vie transfigurée au-delà de la terre ne convertit l'homme au désir de la mort. « Le temps de nos années, quelque soixante-dix ans, / quatre-vingts, si la vigueur y est ; / mais leur grand nombre n'est que peine et misère. » Si, par sa franchise abrupte, le psalmiste (90/10) voudrait amener les hommes à quelque sagesse défaitiste, il se trompe. C'est un oui total et franc à la peine et à la misère avant la mort imparable. Tous en parfait accord avec le bucheron de La Fontaine : « Plutôt souffrir que mourir. » Souffrant, Jean-Paul II ne s'est pas laissé aller, il a résisté. Voilà l'homme !<br class='autobr' /> ​ Est-il un homme pressé d'aller vivre dans l'au-delà prétendu merveilleux de l'éternité ? A la vérité, aucun ! Et pourquoi ne pas appeler illusion ce qui en est vraiment une ? Blaise Pascal supplierait que l'on parie pour l'au-delà, au motif que l'homme n'a rien à perdre à un tel pari. Or, en tranchant dans le vif, en refusant tout espoir vain d'une vie post mortem, l'homme comble le vœu, pas du tout luciférien, fait à Adam et Eve : « Vos yeux s'ouvriront et vous serez comme des dieux, qui connaissent le bien et le mal » (Gen., 3/5).<br class='autobr' /> Connaître le bien et le mal ici et maintenant, c'est quand l'homme se reconnaît entièrement et personnellement responsable des actes qu'il pose, c'est quand il ne se défausse pas du mal qu'il fait sur une religion ou une idéologie, c'est quand il fait le bien sans attendre de récompense autre que le bien fait (le bienfait), c'est quand il ne s'abrite pas derrière un guide, un chef religieux ou politique, qui existent, mais par qui il refuse de se laisser lobotomiser ou zombifier, parce qu'il se veut homme libéré et libre. Voilà l'homme !<br class='autobr' /> S'il n'est pas de la catégorie des grands malfaiteurs genre Hitler ou des grands bienfaiteurs genre Alfred Nobel, dont la survie va de soi dans la mémoire des hommes, le commun des mortel devrait se convaincre qu'il n'a de vie après sa mort qu'à l'aune de la durée du souvenir des siens, et qu'il n'est d'au-delà pour lui que sa survie, plus ou moins longue, dans la mémoire des siens. « In memoriam. » Suffisant pour que l'homme, s'il le veut, vive sans illusion, en s'essayant au beau et au bien, au-delà de Biya et de Monsengwo.</p></div> Qu'est-ce qu'humaniser le Vodun ? https://24haubenin.com/?Qu-est-ce-qu-humaniser-le-Vodun https://24haubenin.com/?Qu-est-ce-qu-humaniser-le-Vodun Sat, 10 Jul 2021 09:51:11 +0200 fr Judicaël ZOHOUN <p>​Le vieux médecin dans son cabinet au bord du Rhin voudrait savoir d'où vous venez. Le Bénin l'envoie au Nigeria à cause de Benin-City. Vous le ramenez au Bénin en passant par « l'ancien Dahomey ». Alors il se redresse : « Le pays du Vodun ? » Ces gestes deviennent-ils hésitants ? Il est fasciné : à la fois attiré et effrayé. Comme dans les pays limitrophes du Bénin quand d'authentiques Africains, apprenant votre provenance, voient en vous un dangereux manipulateur du Vodun, lequel est réputé redoutable. On a (...)</p> - <a href="https://24haubenin.com/?-Chronique-" rel="directory">Chronique </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.com/local/cache-vignettes/L150xH74/arton32327-46fe1.jpg?1628017753' width='150' height='74' /> <div class='rss_texte'><p>​Le vieux médecin dans son cabinet au bord du Rhin voudrait savoir d'où vous venez. Le Bénin l'envoie au Nigeria à cause de Benin-City. Vous le ramenez au Bénin en passant par « l'ancien Dahomey ». Alors il se redresse : « Le pays du Vodun ? » Ces gestes deviennent-ils hésitants ? Il est fasciné : à la fois attiré et effrayé. Comme dans les pays limitrophes du Bénin quand d'authentiques Africains, apprenant votre provenance, voient en vous un dangereux manipulateur du Vodun, lequel est réputé redoutable. On a recours à lui pour régler les comptes au forceps dans un « contexte de méfiance toujours en éveil vis-à-vis des adversaires vrais ou supposés dont tout Indigène se croit menacé » (Paul Hazoumê). En 2017, le chef suprême Vodun à Ouidah confiait à l'envoyé de l'Express (n° 3468, pp. 36-39) que, la nuit venue, « des curés tombent la soutane pour nous consulter ». Car l'adversaire peut bien être un frère ou une sœur en religion. Pour vous protéger de lui ou d'elle, vous ne vous interdisez aucun chemin de salut au milieu du cauchemar de sauve-qui-peut généralisé.<br class='autobr' /> ​Passe encore que l'on cherche à se protéger. Mais le cauchemar devient irréversible quand le Vodun, sans s'identifier à elle, se dégrade en sorcellerie, telle que justement définie par Nathanaël Yaovi Soédé : « Une pratique aux antipodes de la vie et de la vocation de l'homme. Elle dénature celui qui se voue à elle et en fait un meurtrier parce qu'il est facteur de mort. » Dans la langue de référence, ‘‘sorcier'' se dit littéralement « mangeur de chair humaine ». Et il est vrai que dans « La guerre des choses dans l'ombre » (Gaston Zossou), il n'y a pas plus redoutable que la sorcellerie, puisqu'elle est « la solution finale ».<br class='autobr' /> ​Or depuis quelque temps, il ne suffit plus aux Béninois de mettre sans cesse le Vodun aux trousses les uns des autres, il faut qu'ils plongent dans un étrange bain sadomasochiste au sein duquel ils voient partout d'authentiques sorciers. Une jeune dame, trentenaire, voit la main de son oncle (sorcellerie ?) dans la mort de son père, et elle conclut : « Je puis vous assurer que lui aussi n'en a plus pour longtemps à vivre. » Après son départ, dans son dos, ceux qui l'ont entendue sont unanimes : « Elle a la chose. Elle est sorcière. » Personne en tout cas n'est surpris que le frère ait tué le frère et que la nièce veuille se venger en tuant l'oncle. Belle ambiance. Voici un octogénaire. Chef de collectivité. Bon pied bon œil. Ne rate aucune occasion de rire et de faire rire. On tient pourtant à ce que vous sachiez qu'il a la chose : il est sorcier. Oui, c'est après avoir tué tous ses concurrents qu'il s'est installé sur le trône, et, bien sûr, il continue de tuer. Car tuer est la raison de vivre des sorciers, etc., etc.<br class='autobr' /> L'on voit partout des sorciers. Des enfants participeraient désormais aux orgies lucifériennes, la nuit, au creux des baobabs. Jusqu'où va le mal déchaîné par l'homme contre l'homme ? <br class='autobr' /> ​Le Vodun n'a pas le monopole de la terreur. On sait deux humanismes dégradés en Inquisition et en Goulag, alors même qu'en amont, ils n'avaient pas montré l'honnêteté machiavélique du Vodun. Leurs zélateurs les auront mis au service d'une idée de l'homme et non au service de l'homme. Instruits par leur décadence, les zélateurs du Vodun sauveront le Vodun en cessant de le tourner contre l'homme pour le mettre au service de l'homme. Révolution euclidienne, donc révolution possible. Humaniser le Vodun, c'est lui retirer sa propension innée à instaurer terreur et malheur, au point de banaliser au XXIème siècle le mal de la sorcellerie. Humaniser le Vodun, c'est lui prendre pour le porter à excellence, tout l'art qu'il inspire et qui est susceptible d'auréoler la vie. L'homme n'a pas besoin de cultiver la mort puisque la nature et les aléas de la vie (la mort est dans la vie) s'en chargent. Vivement donc le Vodun au service de l'homme et de la vie. Voici Aimé Césaire : « Il faut en demander aux nègres plus qu'aux autres ». Ils ont la vie à changer, leur existence à transfigurer.</p></div> Vous avez dit superstition ? https://24haubenin.com/?Vous-avez-dit-superstition https://24haubenin.com/?Vous-avez-dit-superstition Sat, 03 Jul 2021 14:24:37 +0200 fr Judicaël ZOHOUN <p>​Comme tous les ans depuis quelque temps, les examens de fin d'année approchant, les chamans du Bénin y sont allés de leur marketing de circonstance, en ayant acheté des heures d'antenne sur les radios de proximité. Pour environ 5.000 f la consultation, le candidat, ou son lieutenant, repart avec incantations à prononcer et ingrédients à mâchouiller ce jour-là pour passer avec brio son examen. Un soir de mai 2021, alors que l'un de ces chamans exposait éloquemment sa capacité à « assurer le succès de (...)</p> - <a href="https://24haubenin.com/?-Chronique-" rel="directory">Chronique </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.com/local/cache-vignettes/L150xH74/arton32215-a0ac3.jpg?1628017753' width='150' height='74' /> <div class='rss_texte'><p>​Comme tous les ans depuis quelque temps, les examens de fin d'année approchant, les chamans du Bénin y sont allés de leur marketing de circonstance, en ayant acheté des heures d'antenne sur les radios de proximité. Pour environ 5.000 f la consultation, le candidat, ou son lieutenant, repart avec incantations à prononcer et ingrédients à mâchouiller ce jour-là pour passer avec brio son examen. Un soir de mai 2021, alors que l'un de ces chamans exposait éloquemment sa capacité à « assurer le succès de vos enfants aux différents examens », un auditeur téléphona pour témoigner qu'il avait eu recours naguère à lui, et que son enfant avait réussi au baccalauréat avec mention très bien. Comment savoir si l'auteur de l'éloge téléphoné n'a pas été démarché et stipendié en amont de l'émission, alors même qu'il n'avait jamais eu besoin des gris-gris du chaman qui vantait son art ?<br class='autobr' /> ​Cet art n'agrée pas tous les Béninois. Pressé par ses ouailles, en lieu et place des recettes chamaniques, le responsable des cultes organise un office pour « appeler la grâce de Dieu sur nos enfants qui vont à des examens ». Les candidats y prennent part massivement en ayant apporté le stylo devant leur servir ce jour-là. A la fin de la liturgie, ils sont invités à le soulever pour une prière et une bénédiction spéciales du célébrant.<br class='autobr' /> ​Il y a environ 80 ans, il n'y a avait rien de tout ce qui précède pour aider les candidats au CEPE, le seul examen connu des enfants, et dont le parchemin faisait de son détenteur un sachant définitif. Ni stylo ni stylo-bille. Il n'y avait que plume et porte-plume. Et le sentiment diffus que le Ciel ne pouvait pas rester indifférent à un événement aussi considérable, aussi déterminant. Voilà pourquoi, le CEPE approchant, des enfants-de-chœur étaient souvent approchés par leurs petits camarades candidats pour glisser derrière ou sous l'autel la plume de la lutte finale. Après neuf jours d'immersion dans « le Milieu Divin », la plume retourne à son propriétaire. Et ne voilà-t-il pas qu'une subtile transfiguration l'a rendue apte à garantir à l'enfant le précieux diplôme du très important Certificat d'Etude Primaire et Elémentaire !<br class='autobr' /> ​Selon le camp idéologique auquel on fait allégeance, on jugera, avec un sourire condescendant, le courage généreux des enfants-de-chœur rendant, pour la beauté du geste, un bien drôle de service, et l'on jugera avec dédain et mépris l'occultisme vénal du chaman. Mais dans ces deux camps, on lâchera le mot de superstition pour stigmatiser et les enfants-de-chœur profanateurs et le chaman vaticinateur. Cependant que, dans tous les camps confondus, on se gardera bien de parler trop vite de superstition pour stigmatiser prière et bénédiction spéciales du célébrant sur les plumes dardées vers le plafond.<br class='autobr' /> ​Et pourtant, dans les trois cas, l'homme quête la victoire, alors même que dans aucun des cas, la relation de cause à effet n'est établie. Pas plus qu'elle ne l'était quand le cardinal Spellman bénissait les GI's pour qu'ils aient la victoire sur le communisme, quand le Pape François, sur la Place Saint-Pierre, implorait le Ciel pour que l'humanité ait la victoire sur le Covid-19, quand Israël s'emportait contre Dieu : « Tu nous as rejetés et bafoués, tu ne sors plus avec nos armées, tu nous fais reculer devant l'oppresseur » (Ps 44/10-11).<br class='autobr' /> ​C'est que l'homme porte en soi le désir inamissible de convoquer et de mettre au service du réel les puissances irréelles, dont il est convaincu de l'existence. La superstition est une nécessaire excroissance de toute religion à laquelle elle peut se substituer dans l'imaginaire du croyant. Il faudrait à ce dernier l'implacable rigueur intellectuelle de Voltaire pour parler en termes de « La superstition, cette infâme ». Il sied donc de juger aimable et recevable toute superstition qui, dans sa naïveté et son irrationalité, vise quelque aspect du beau et du bien, à travers un succès projeté et rendu possible par un travail certain et assidu.</p></div> Toi Noir, va-t'en hors de l'histoire ! https://24haubenin.com/?Toi-Noir-va-t-en-hors-de-l-histoire https://24haubenin.com/?Toi-Noir-va-t-en-hors-de-l-histoire Sat, 26 Jun 2021 13:06:43 +0200 fr Judicaël ZOHOUN <p>​L'universitaire français, Pierre Hillard, combat le mondialisme qui prône la fin des nations au profit d'une gouvernance mondiale sous-tendue par le transhumanisme qui veut refondre l'humain. Ses références savantes donnent le sentiment qu'il a lu tous les ouvrages traitant du sujet de son aversion. Sur un plateau de télévision en juin 2021, il fait état de ce que la revue « The Economist », mondialiste et transhumaniste, dans son numéro de septembre 1990, ait laissé tomber deux parties du monde sur le (...)</p> - <a href="https://24haubenin.com/?-Chronique-" rel="directory">Chronique </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.com/local/cache-vignettes/L150xH74/arton32097-1f9da.jpg?1628017753' width='150' height='74' /> <div class='rss_texte'><p>​L'universitaire français, Pierre Hillard, combat le mondialisme qui prône la fin des nations au profit d'une gouvernance mondiale sous-tendue par le transhumanisme qui veut refondre l'humain. Ses références savantes donnent le sentiment qu'il a lu tous les ouvrages traitant du sujet de son aversion. Sur un plateau de télévision en juin 2021, il fait état de ce que la revue « The Economist », mondialiste et transhumaniste, dans son numéro de septembre 1990, ait laissé tomber deux parties du monde sur le nouvel atlas qui se prépare : « Il y a deux choses qui m'étonnent sur cette carte : il n'y a pas l'Australie, et la partie subsaharienne de l'Afrique. Pourquoi ? Je ne peux pas vous répondre. » Or, il existe des esquisses de l'effacement de l'Afrique noire. Quelques références les révèlent à souhait.<br class='autobr' /> ​En septembre 1907 se tint à Lyon le synode pour structurer les Eglises catholiques romaines en train de naître en Afrique noire. Le vocabulaire fut « les Africains » et « les Noirs ». Au chapitre « Clergé indigène », il fut décidé, entre autres : « Quand enfin l'épreuve aura été suffisante et que les signes de vocation se présenteront à l'état de certitude morale, on les préparera directement au sacerdoce. Ce seront des prêtres libres […], ils sortiront le moins possible de leur pays et jamais n'iront en Europe. » Dédain et prise de distance<br class='autobr' /> ​Le plus grand collège catholique du Bénin porte le nom du père Francis Aupiais (1877-1945). Ce missionnaire dévoué avait les Dahoméens en estime. Un autre missionnaire dévoué s'en émut et dénonça à leur supérieur les « apologies outrancières de la race noire », dont son confrère se rendait coupable. Reçu en audience par le Pape Pie XI, le père Aupiais s'entendit dire par son hôte : « Quand vous retournerez chez vos Africains, vous leur direz que je les aime pour ce qu'ils sont. » Comme il venait de les comparer aux « populations primitives » rencontrées chez lui dans son enfance, le « pour ce qu'ils sont » ne prêtait pas à confusion. Reçu à nouveau en audience par Pie XII, le père Aupiais s'entendit dire par son hôte : « Dites à vos Noirs que je les aime pour ce qu'ils sont. » Sauf confusion de la part des historiens, on pense que Pie XII aura préparé l'entretien en lisant le verbatim de la première audience accordée au missionnaire venu du Dahomey. Le 26 janvier 1944, le même Pie XII envoya son secrétaire d'Etat porter un message urgent à l'ambassadeur de Grande-Bretagne : « Le Pape espère qu'il n'y aura pas de soldats de couleur au sein des troupes alliées qui seront déployées à Rome après la libération. » Etc. Le Noir suscite chez eux dédain et prise de distance, chemins subliminaux vers l'effacement du Noir dédaigné et non-désiré.<br class='autobr' /> ​Ces références n'ont pris aucune ride. En septembre 1990 « The Economist » efface l'Afrique noire. Le 26 juillet 2007 à Dakar, Nicolas Sarkozy fait la leçon et conclut : « Alors seulement […] l'enfant noir […] comprendra qu'il peut lever la tête et regarder avec confiance l'avenir. […] Et il se sentira enfin un homme comme tous les autres hommes de l'humanité. » A Minneapolis le 25 mai 2020, George Floyd fut empêché de « lever la tête » et mourut étouffé car, noir, il n'était pas « un homme comme tous les autres hommes de l'humanité ». On ne l'effaça pas que de l'histoire, on l'effaça de la vie. « Solution finale ».<br class='autobr' /> ​Voilà pourquoi l'Africain noir, en habit vert d'académicien, en pourpre cardinalice, à la tête des Nations Unies, etc., n'est qu'objet de bonne conscience pour occulter la vérité. Le mondialisme et le transhumanisme, en gestation dans les officines agréés, écartent l'Afrique noire analphabète, aux langues et religions officielles empruntées à autrui, aux ressources abandonnées à autrui. Le double projet prométhéen de refonte de la planète et des hommes se fait sans l'Afrique noire. « The Economist » de septembre 1990 a donc devancé l'histoire qui avance sans l'Afrique noire, bientôt oripeau de l'ancienne histoire des hommes.</p></div> Lecture de la lettre de Macron à Talon https://24haubenin.com/?Lecture-de-la-lettre-de-Macron-a-Talon https://24haubenin.com/?Lecture-de-la-lettre-de-Macron-a-Talon Sat, 22 May 2021 10:16:26 +0200 fr Judicaël ZOHOUN <p>​« A la suite de la confirmation par la Cour constitutionnelle de [sa] réélection à la Présidence de la République du Bénin », le Chef de l'Etat béninois a reçu de son homologue français une lettre datée du 12 mai 2021. ​On regrettera que la lettre ait dérogé au protocole habituel. Certes, elle évoque « Le renouveau des relations entre l'Afrique et la France ». Ledit renouveau justifie-t-il une lettre de recommandations en lieu et place d'un simple message de félicitations ? Chacun des deux Présidents conduit (...)</p> - <a href="https://24haubenin.com/?-Chronique-" rel="directory">Chronique </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.com/local/cache-vignettes/L150xH74/arton31556-dd338.jpg?1628017753' width='150' height='74' /> <div class='rss_texte'><p>​« A la suite de la confirmation par la Cour constitutionnelle de [sa] réélection à la Présidence de la République du Bénin », le Chef de l'Etat béninois a reçu de son homologue français une lettre datée du 12 mai 2021.<br class='autobr' /> ​On regrettera que la lettre ait dérogé au protocole habituel. Certes, elle évoque « Le renouveau des relations entre l'Afrique et la France ». Ledit renouveau justifie-t-il une lettre de recommandations en lieu et place d'un simple message de félicitations ? Chacun des deux Présidents conduit le train d'une réforme plurielle, jugée nécessaire pour le progrès de leurs pays. On les imaginerait donc s'entretenir en tête-à-tête des difficultés auxquelles ils sont confrontés sur le chemin difficile des mentalités à changer. A l'ère du Nouveau Départ, quelques fortes gens d'argent quittent le train, s'installent outre-mer, prétextant que plus rien ne va sous les tropiques au Bénin. A une gare de En Marche, des généraux à la retraite déchirent la règle du silence, ils donnent de la voix par les fenêtres, prétextant que plus rien ne va au pays du général de Gaulle. Etc. Des soucis pour les deux chefs d'Etat, sujets pour un possible tête-à-tête, à l'Elysée ou à la Marina. Car les deux réformateurs, le front plissé, ne sauraient échanger quelque lettre-conseils retrouvée sur l'agora des réseaux sociaux.<br class='autobr' /> ​Le paragraphe 2 de la lettre dit « la France aux côtés du Bénin pour contribuer à son développement…, contribuer à la prospérité de son économie ». Or tout le paragraphe 3 met l'accent sur quelque chose qui ne paraît pas capital pour l'économie et le développement : « La restitution au Bénin des vingt-six œuvres du Trésor d'Abomey, qui se prépare dans un esprit positif de partenariat, illustre le renouveau des relations entre l'Afrique et la France, que je me suis efforcé d'impulser depuis le début de mon mandat. »<br class='autobr' /> ​Les vingt-six œuvres appartiennent depuis longtemps au patrimoine français, et il y a risque d'ouvrir la boîte de Pandore si elles sont restituées. D'autres pays saisiraient la balle au bond et réclameraient leurs biens, trophées de guerre, emportés par des soldats fiers d'avoir triomphé. Il est vrai qu'une reproduction à l'identique remplacerait l'obélisque du temple de Louksor, emporté et érigé place de la Concorde. Privée de l'original égyptien, la France poursuivrait sa marche. Pareil pour le Bénin sans les vingt-six œuvres. L'on regrettera donc que, au chapitre développement et économie, la lettre n'ait pas abordé la cruciale et crucifiante question des « accords secrets » et du franc CFA, ligotant à la France ses anciennes colonies au sud du Sahara. De l'avis de tous les économistes, ces liens imposés empêchent le développement de l'Afrique tout en propulsant celui de la France. La lettre évoque « la sécurité régionale » et dit que la France continuera de la soutenir. Mais si les « accords secrets » et le franc CFA restent en l'Etat, c'est-à-dire au bénéfice de la France, les pays concernés devront toujours tendre la main à la France. Le seul renouveau qui vaille est celui de l'abandon des « accords secrets » et du franc CFA. Ce ne sera simple ni pour la France ni pour les Africains. Mais ils réussiront en se mettant sincèrement En Marche.<br class='autobr' /> ​On regrettera enfin que la lettre soit connotée Françafrique. Il est vrai que les vieilles habitudes ne s'abandonnent pas facilement, surtout quand elles sont bonnes pour ceux qui s'en servent et qui sont aussi ceux qui imposent leur loi. Il faut pourtant que l'Afrique et la France s'accordent un jour pour quitter le train de la Françafrique. Ce train aliène et dessert l'Afrique. Il faut le quitter pour le progrès et l'épanouissement des peuples.<br class='autobr' /> ​La lecture de la lettre de Macron à Talon révèle le long chemin devant le Bénin pour mériter le traitement que la France réserve, par exemple, à ses partenaires du Maghreb. Le Bénin et la France vont devoir, de concert, ouvrir les chemins de la dignité pour tous.</p></div> Allah-Dieu et l'initiative de l'homme https://24haubenin.com/?Allah-Dieu-et-l-initiative-de-l-homme https://24haubenin.com/?Allah-Dieu-et-l-initiative-de-l-homme Sat, 15 May 2021 09:29:13 +0200 fr Judicaël ZOHOUN <p>​La croissance démographique et la piété agissante des fidèles d'Allah et de ceux de Dieu en Jésus-Christ ont couvert le Bénin de lieux de culte musulmans et chrétiens. Clochers et minarets invitent les cœurs à se tourner vers l'Absolu. Les Eglises du Réveil battent son plein. Et pendant le saint Ramadan qui vient de s'achever, le chant psalmodié s'est fait persistant les nuits, afin d'en appeler à la Miséricorde d'Allah pour la purification de l'âme dans un corps allégé, comme l'avaient fait les chrétiens (...)</p> - <a href="https://24haubenin.com/?-Chronique-" rel="directory">Chronique </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.com/local/cache-vignettes/L150xH74/arton31399-aabf5.jpg?1628017753' width='150' height='74' /> <div class='rss_texte'><p>​La croissance démographique et la piété agissante des fidèles d'Allah et de ceux de Dieu en Jésus-Christ ont couvert le Bénin de lieux de culte musulmans et chrétiens. Clochers et minarets invitent les cœurs à se tourner vers l'Absolu. Les Eglises du Réveil battent son plein. Et pendant le saint Ramadan qui vient de s'achever, le chant psalmodié s'est fait persistant les nuits, afin d'en appeler à la Miséricorde d'Allah pour la purification de l'âme dans un corps allégé, comme l'avaient fait les chrétiens durant le saint Carême. Et l'esprit s'illumine à sentir « sur toutes faces de ce monde » le parfum du temps de Dieu-Allah !<br class='autobr' /> ​Allah de toute Miséricorde. Dieu de tout Amour. Amour et Miséricorde. Aussi l'homme ne s'avise-t-il pas à faire porter par Dieu-Allah la croix de ses intolérances mortifères et de ses turpitudes rances. « Humain, trop humain. » Au XXème siècle, catholiques ou luthériens jusqu'au bout des ongles, les croisés de la Croix Gammée ont assumé la Shoah, plus tard les Hutus, plutôt catholiques jusqu'au bout des ongles, assumeront leur tentative immonde d'en finir avec les Tutsis, et les Iraniens et les Irakiens, shiites et sunnites, tous musulmans jusqu'au bout des ongles, ont assumé une guerre entre coreligionnaires au coût d'environ 1.200.000 macchabées. Quant aux vodouisants d'Haïti et du Bénin, ils assument au quotidien zombification et sorcellerie, très haut sommet de la méchanceté de l'homme, sur fond du Vodun qui sécrète en permanence peur et violence. Son coût annuel au Bénin approcherait les 800.000 macchabées (environ) rwandais en trois mois du « seul génocide du XXème siècle qu'il eût été possible d'empêcher ». Et seul l'homme aurait pu l'empêcher.<br class='autobr' /> ​Car, « Allah est Grand », chante l'islam, et le christianisme explicite en cantique : « Tu es le Dieu fidèle, éternellement ». Dieu d'Amour, Allah de Miséricorde, ne saurait commanditer horreurs et méchancetés de l'homme sur l'homme. Et pourrait se poser la question : pourquoi Allah-Dieu ne retient-Il pas l'homme sur les pentes de l'horreur ? Ne pas empêcher signifie-t-il permettre ? Et si Amour-Miséricorde retenait la main de l'homme de s'abattre sur l'homme, l'homme serait-il encore libre ? L'homme est-il libre s'il ne peut choisir et ne faire que le bien ? Trêve de questions gênantes, parole au père Lacordaire au XIXème siècle : « Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c'est la liberté qui opprime et c'est la loi qui affranchit. » L'homme libre a le choix.<br class='autobr' /> ​Et l'homme seul, et non pas Allah-Dieu, est en charge de réguler la liberté pour qu'elle ne produise pas oppression et servitude, mais justice. Et c'est en vain que les puissants invoquent Allah-Dieu pour justifier croisades, inquisitions, jihad, esclavages, qu'ils imposent aux hommes et aux femmes leurs semblables. Allah-Dieu n'est pas responsable. Pour autant il ne faut pas conclure à son absence. Quand l'homme se met sur l'axe vertical et invoque Allah-Dieu, l'homme crée les couleurs et l'architecture de la Grande Mosquée de Porto-Novo, il crée les couleurs et l'architecture du Requiem de Mozart. Au contraire du vodouisant : cantonné à l'axe horizontal, il ignore l'élévation, il ignore beauté et bonté.<br class='autobr' /> ​Hasard du calendrier, les solennités de l'Ascension et de l'Aïd El Fitr ont été célébrées de concert au Bénin le 13 mai 2021. Heureux hasard ? Peut-être. Mais Allah-Dieu ne commandite aucun hasard. Malgré donc cette heureuse et belle coïncidence, les macchabées musulmans béninois ne partageront pas le même cimetière que les autres macchabées béninois. Car c'est l'homme qui commande et qui décide du pur et de l'impur. S'il ne tenait qu'à l'homme, il créerait dans l'au-delà deux Ciels, un pour les musulmans, l'autre pour tous les autres. Deux Enfers aussi. Mais l'immense capacité d'initiative de l'homme s'arrête à ce monde-ci, qu'il peut prendre l'initiative, librement, de transfigurer.</p></div> Conseils à la France pour sa survie https://24haubenin.com/?Conseils-a-la-France-pour-sa-survie https://24haubenin.com/?Conseils-a-la-France-pour-sa-survie Sat, 08 May 2021 08:42:56 +0200 fr Judicaël ZOHOUN <p>​Trois événements récents et successifs révèlent le malaise français. Un jeune premier sort des rangs. Le 6 avril 2016, il se met En Marche vers le Palais de l'Elysée. Au bout d'un an, il y est et s'installe dans le fauteuil présidentiel sans l'aval d'aucun parti politique classique de la Cinquième République. L'enfant prodige ne réussit pas à opérer le miracle socio-économique attendu de lui. La déception suscite en octobre 2018 la marée jaune des gilets. Simples travailleurs. Retraités pour la plupart. Leur (...)</p> - <a href="https://24haubenin.com/?-Chronique-" rel="directory">Chronique </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.com/local/cache-vignettes/L150xH74/arton31257-28029.jpg?1628017753' width='150' height='74' /> <div class='rss_texte'><p>​Trois événements récents et successifs révèlent le malaise français. Un jeune premier sort des rangs. Le 6 avril 2016, il se met En Marche vers le Palais de l'Elysée. Au bout d'un an, il y est et s'installe dans le fauteuil présidentiel sans l'aval d'aucun parti politique classique de la Cinquième République. L'enfant prodige ne réussit pas à opérer le miracle socio-économique attendu de lui. La déception suscite en octobre 2018 la marée jaune des gilets. Simples travailleurs. Retraités pour la plupart. Leur pension devenue salaire de misère au regard du coût de la vie ne leur permet aucun loisir. Afin que nul n'en ignore, ils fraternisent, les week-ends, sur les carrefours. La loi exige qu'ils dégagent. Bagarres et violences arbitrées brutalement par le Covid-19. Tous confinés. Colère rentrée. C'est alors que des généraux à la retraite déchirent leur pacte de silence. En avril-mai 2021, ces soldats étoilés publient une tribune pour demander le retour de l'honneur et du devoir au sein de la classe politique. Ils stigmatisent le délitement de la société, la haine entre les communautés, le mal-être généralisé, les banlieues où l'on piétine la République, où la drogue circule à ciel ouvert, où éclatent chaque nuit des tirs de mortier. Ils voient la France au bord d'une guerre civile. Le général Richoufftz en appelle, pour 2022, à « un homme providentiel » (sic).<br class='autobr' /> ​Profond est le malaise français. Mais ce qui est dramatique et qu'il faut révéler aux Français pour les aider, c'est que Jeune Premier fringant, Gilets Jaunes furieux et Généraux en colère s'obstinent à ne pas avouer que le malaise français a son origine en Françafrique, encore et toujours vache à lait de la France, vache aux mains de bouviers mercenaires qui la traient rageusement pour la France. Le sol et surtout le sous-sol de ses anciennes colonies lui appartiennent sur la base d'« accords secrets », sur la base du Franc des Colonies Françaises d'Afrique (f. CFA) fabriqué à Chamalières, sur la base de son soutien constant aux bouviers mercenaires. Durant des lustres de colonialisme et de néocolonialisme, la France a réduit ses colonies, socles de sa puissance et de sa gloire, elle les a réduites en simili-bantoustans. Il n'est pas étonnant qu'elle sente à présent comme un effet boomerang : elle ne peut pas s'appuyer sur des canards boiteux sans finir par boiter elle-même et menacer de défaillir.<br class='autobr' /> ​Ce qui est mensonger et qu'il faut révéler aux Français pour les aider, c'est que les migrants africains ne sont en rien responsables du malaise français, puisqu'ils sont les victimes africaines de la « politique africaine de la France ». Ces pauvres hères qui ne sont pas morts en mer face à l'Italie et qu'on retrouve regroupés dans des ghettos ou errant dans les rues de France sont, en toute vérité, des produits de la France. Les responsables politiques français qui voient dans le renvoi de ces gens malheureux une des solutions au malaise français feignent d'ignorer que la « politique africaine de la France » paupérise ses anciennes colonies et jettent certains jeunes Africains dans des embarcations de perdition.<br class='autobr' /> ​ A transformer en pantins ses partenaires africains, à soutenir, pour ses intérêts, les satrapes africains grands pilleurs de l'Afrique, à fausser sans arrêt en sa faveur les termes de l'échange, à se faire en douce complice des refus de l'alternance au pouvoir, à sourire aux miasmes dynastiques ainsi qu'aux dictatures sanguinaires et trentenaires et cinquantenaires, la France sait maintenant que, sur le long terme, elle a perdu et perdra. La France est en manque d'Afrique. Elle est en manque d'une Françafrique de solidarité et de dignité pour chacun des partenaires. La France survivra à côté de l'Afrique si la France respecte l'Afrique et les Africains, et si elle se souvient que la survie de l'Afrique est de toute façon garantie parce qu'elle détient dans son sous-sol les richesses dont le monde a besoin. Richesses qui ne sont pas à piller mais à partager en toute équité pour le progrès de l'homme partout.</p></div> Pandémique mépris de l'Afrique https://24haubenin.com/?Pandemique-mepris-de-l-Afrique https://24haubenin.com/?Pandemique-mepris-de-l-Afrique Sat, 01 May 2021 15:40:38 +0200 fr Judicaël ZOHOUN <p>​Le 27 mars 2020, sur deux chaînes de télévision de grande écoute, Antonio Guterres s'épanche sur l'hécatombe réservée par le Covid-19 à l'Afrique : « Il faut absolument faire de l'Afrique une priorité de la communauté internationale. Je crois qu'on aura en Afrique des millions et des millions de personnes infectées. Et même si la population est plus jeune que dans les pays développés, il y aura nécessairement des millions de morts. » ​« Nécessairement des millions de morts ». Le chaos. Parce qu'il avait été vu (...)</p> - <a href="https://24haubenin.com/?-Chronique-" rel="directory">Chronique </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.com/local/cache-vignettes/L150xH74/arton31138-8fab7.jpg?1628017753' width='150' height='74' /> <div class='rss_texte'><p>​Le 27 mars 2020, sur deux chaînes de télévision de grande écoute, Antonio Guterres s'épanche sur l'hécatombe réservée par le Covid-19 à l'Afrique : « Il faut absolument faire de l'Afrique une priorité de la communauté internationale. Je crois qu'on aura en Afrique des millions et des millions de personnes infectées. Et même si la population est plus jeune que dans les pays développés, il y aura nécessairement des millions de morts. »<br class='autobr' /> ​« Nécessairement des millions de morts ». Le chaos. Parce qu'il avait été vu et prévu que, ne pouvant pas se faire soigner, les Africains ne pourraient que se faire enterrer. Or, le 10 avril 2021, l' “African Union Member reporting Covid-19 cases” fait le point et annonce que le Covid-19 a causé en Afrique 115.000 décès en un an. On en déduit que le compte onusien n'y est pas, ce qui n'empêche pas de trembler pour l'avenir. Mais pourquoi les Africains tardent-t-ils à mourir par millions du Covid-19 ? La logique eût été que l'on dépêchât au sud du Sahara des virologues chevronnés accompagnés de climatologues, de sociologues et de nutritionnistes, afin d'étudier sur place pourquoi le Covid-19 semble, pour le moment, frapper moins l'Afrique que le reste du monde. Etant entendu qu'on se servirait des résultats obtenus pour faire baisser dans le reste du monde le taux de mortalité dû au Covid-19. La démarche a peut-être été faite sans tambour ni trompette. Si oui, pourquoi n'en a-t-on pas divulgué les résultats pour que le reste du monde en profite et que l'Afrique elle-même soit amenée à mieux soigner tout ce qui paraît atténuer chez elle les ardeurs du Covid-19 ? Au demeurant, on ne peut pas rester à New-York et à Rome et supputer sur « la drôle de chance des Africains ». Il faut y aller voir, en Afrique, pour le salut du monde. Mais que conclure si, par extraordinaire, la démarche n'avait même pas été du tout envisagée ?<br class='autobr' /> ​Conclure que ce n'est pas extraordinaire, car il prévaut dans le monde l'idée que l'Afrique est source de ressources naturelles pour le monde et non source de salut pour le monde. « Bizarre ! Les Africains ne meurent pas comme prévu ? Bof, grand bien leur fasse ! » Cela pensé, on repousse avec mépris les traitements anti Covid-19 proposés par le Bénin, le Cameroun et Madagascar. Car le salut du monde ne peut venir de l'Afrique, ses enfants étant normalement condamnés à tous les malheurs et à la mort. Et pas besoin de remonter loin dans l'histoire pour cueillir les preuves de cette normalité. Au siècle XIXème, jouxtant celui des Lumières, un agent de liaison de Liverpool, un peu naïf, s'épouvante des us et coutumes des Belges au Congo-Belge : « Tomber par hasard sur un meurtre doit déjà être assez pénible. J'étais tombé sur une société secrète d'assassins chapeautée par un roi. » Car, pour s'enrichir des richesses naturelles de sa vaste possession le Congo, il fallait bien au bon roi Léopold II, catholique fervent, ce que Adam Hochschild appelle « Un holocauste oublié ». En ce même siècle, suivant celui des Lumières, on créa á Lyon une société missionnaire pour « ouvrir le ciel aux pauvres noirs » (sic). Le 7 février 1881, face à des jeunes Français prêts à l'aventure de la mission d'évangélisation, le père Planque, co-fondateur de la Société, dépeint une Afrique effrayante á tout point de vue et termine sur une note dantesque : « Le Démon et l'Enfer se déchaîneront contre vous. » Le chant du départ, dont la musique est de Gounod, attise et confirme l'effroi. Et Annie Voisin de conclure sobrement : « Ce chant sera longtemps chanté. Même après la seconde guerre mondiale on l'entendra encore. »<br class='autobr' /> ​Le pandémique mépris de l'Afrique n'est donc pas une fiction, c'est une vaste réserve de cynisme occidental où Antonio Guterres a puisé le 27 mars 2020. Et tous doivent apprendre à présent, avec le Secrétaire général de l'ONU, qu'á trouver normales souffrance et mort de tout un pan de l'humanité, l'humanité n'avance pas. Or l'humanité doit avancer.</p></div> Progrès du Nouveau-Départ contre vents et marées https://24haubenin.com/?Progres-du-Nouveau-Depart-contre-vents-et-marees https://24haubenin.com/?Progres-du-Nouveau-Depart-contre-vents-et-marees Sat, 17 Apr 2021 12:57:20 +0200 fr Judicaël ZOHOUN <p>​ ​Vents et marées illogiquement incarnés par deux anciens Chefs de l'Etat. L'on se serait attendu à ce que, sans aucun engagement formel de leur part, ils apportent un soutien moral à leur successeur pour les réformes radicales et courageuses qu'il a entreprises afin que notre démocratie n'aille plus à vau-l'eau et rime enfin avec un début de développement à travers écoles et hôpitaux plus performants, eau potable et énergie électrique davantage disponibles, infrastructures routières reliant mieux les (...)</p> - <a href="https://24haubenin.com/?-Chronique-" rel="directory">Chronique </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.com/local/cache-vignettes/L150xH74/arton30910-fdb36.jpg?1628017753' width='150' height='74' /> <div class='rss_texte'><p>​<br class='autobr' /> ​Vents et marées illogiquement incarnés par deux anciens Chefs de l'Etat. L'on se serait attendu à ce que, sans aucun engagement formel de leur part, ils apportent un soutien moral à leur successeur pour les réformes radicales et courageuses qu'il a entreprises afin que notre démocratie n'aille plus à vau-l'eau et rime enfin avec un début de développement à travers écoles et hôpitaux plus performants, eau potable et énergie électrique davantage disponibles, infrastructures routières reliant mieux les Béninois entre eux, etc. Or, en lieu et place du soutien moral, c'est l'opposition frontale et brutale, comme si leur idéal, c'est le Bénin délabré et sans horizon. Il semble que l'on ait du respect pour ce qu'ils ont été et qu'ils ne seront pas poursuivis pour leurs errements depuis cinq ans. On ne saura donc pas le fin mot de l'étrange équipée du vendredi-saint 2019 sur le grand marché de Cotonou, ni des journées feu et sang du 1er et du 2 mai de la même année. Opposés à la tenue des élections législatives, nos deux anciens Présidents de la République entendaient en finir en appelant à l'insurrection à Dantokpa et à Cadjêhun. Ne pouvant entraver les petits exécutants et laisser circuler sans entrave les éminents commanditaires, la justice aura fermé les yeux sur les deux putschs manqués. Malgré les outrances remarquées du genre « J'irai le capturer ! ».<br class='autobr' /> ​Vents et marées logiquement incarnés par l'opposition radicale en exil. Ses membres pensent le Bénin en termes de rentes viagères pour eux et les leurs. A des postes élevés pour servir le pays, ils s'adjugent l'argent du pays. Ils rejettent ensuite les griefs qu'après enquête le parquet retient contre eux. Ils voient dans la justice du Bénin une parfaite injustice. Habiles, ils courent se réfugier avec leur butin en France et aux Etats-Unis. Jugée pour le vol d'un panier de tomates au marché Kpassê de Ouidah, dame Sika a purgé six mois de prison. Elle n'a pas eu le loisir de l'exil. Loisir ? Que non ! L'exil pour fuir la justice de son pays est une errance qu'on veut quitter au plus vite et à tout prix. Nos exilés auront-ils trempé dans les violences autour des législatives de 2019 et dans celles qui ont précédé la présidentielle du 11 avril 2021 ? Si oui, ils devront indiquer eux-mêmes le mode de négociation avec le pouvoir pour leur retour au bercail dans le respect du droit et de la légalité. Car, si de leur exil, ils ont ensanglanté le Bénin, ils auront beau imiter les six Bourgeois de Calais, se mettre la corde au cou en signe de repentir, il sera difficile d'envisager pour eux « grâce et pardon ».<br class='autobr' /> ​Vents et marées étonnamment incarnés, paraît-il, par la brillante présidente d'ELAN, égérie magnifique de la mémorable épopée « Touche pas à ma Constitution ». Ô Seigneur ! Lorsque César aperçut au nombre de ses assassins Brutus, son préféré et son protégé, il s'écria de douleur : « Toi aussi, mon fils ! » Une douleur similaire étreint aujourd'hui le cœur de nombre de Béninois à propos de celle qui leur fut Jeanne d'Arc. Naguère héroïne du progrès de la patrie, et maintenant cœur battant du dispositif de sa déflagration ! Est-ce possible ? Si un tel avatar de l'ange s'avère, c'est que le doute métaphysique continue de questionner sainte Thérèse d'Avila : « Dieu, considérez que nous ne nous entendons pas nous-mêmes et que nous ne savons pas ce que nous voulons et que nous nous éloignons infiniment de ce que nous désirons. » Devra-t-on supplier la justice de convoquer le doute thérésien pour accorder « grâce et pardon » à l'égérie de « Touche pas à ma Constitution » ?<br class='autobr' /> ​En tout état de cause, et comme le dit Aimé Césaire, « le moment est venu d'en finir avec nos querelles pour édifier ce pays et unir ce peuple contre un danger plus proche qu'on ne suppose et qui menacerait jusqu'à son existence même ». Danger et menace qui plaident justement en faveur de la Rupture et du nouveau départ. Danger et menace qui exigent que le Bénin résiste et fasse progresser le Nouveau-Départ contre vents et marées.</p></div>