24 Heures au Bénin https://www.24haubenin.bj Webzine, Quotidien Béninois indépendant, d'analyses et d'information en ligne Mon, 02 Aug 2021 00:30:00 +0200 fr-FR hourly 1 Spip 24 Heures au Bénin https://24haubenin.com/local/cache-vignettes/L144xH117/siteon0-fad27.png?1627650952 https://www.24haubenin.bj 117 144 POUR UN AUTRE REGARD SUR L'AFRIQUE ! RESPECT, PRAGMATISME, CONFIANCE MUTUELLE ET PARTENARIAT https://24haubenin.com/?POUR-UN-AUTRE-REGARD-SUR-L-AFRIQUE-RESPECT-PRAGMATISME-CONFIANCE-MUTUELLE-ET https://24haubenin.com/?POUR-UN-AUTRE-REGARD-SUR-L-AFRIQUE-RESPECT-PRAGMATISME-CONFIANCE-MUTUELLE-ET Mon, 05 Jul 2021 18:00:00 +0200 fr Judicaël ZOHOUN <p>Nos partenaires, nos amis, nos sœurs et frères d'Afrique en ont assez… Assez d'être traités avec condescendance ! Assez des relents de paternalisme, voire, osons le mot, de néocolonialisme ! Assez de devoir sans cesse rendre des comptes et courber l'échine ! Assez des deux poids, deux mesures ! Assez des éternels donneurs de leçons ! Assez de se voir appliquer la sempiternelle méthode de la carotte et du bâton ! <br class='autobr' /> L'Afrique appartient à ceux qui y vivent <br class='autobr' /> Ils en ont assez de cette vielle Europe nostalgique (...)</p> - <a href="https://24haubenin.com/?-Divers-" rel="directory">Opinion </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.com/local/cache-vignettes/L150xH99/arton32029-fbd23.jpg?1627652302' width='150' height='99' /> <div class='rss_texte'><p>Nos partenaires, nos amis, nos sœurs et frères d'Afrique en ont assez… Assez d'être traités avec condescendance ! Assez des relents de paternalisme, voire, osons le mot, de néocolonialisme ! Assez de devoir sans cesse rendre des comptes et courber l'échine ! Assez des deux poids, deux mesures ! Assez des éternels donneurs de leçons ! Assez de se voir appliquer la sempiternelle méthode de la carotte et du bâton !</p> <p><strong>L'Afrique appartient à ceux qui y vivent</strong></p> <p>Ils en ont assez de cette vielle Europe nostalgique de son passé colonial : ce temps béni chanté par d'aucuns où une poignée de chefs d'État pouvaient, depuis Berlin, Londres ou Paris, se partager l'Afrique et en tracer les frontières au cordeau. Cet esprit, nourri par un racisme qui ne dit pas son nom, continue d'habiter nombre d'élites européennes désireuses de garder la main sur l'Afrique et ses peuples ; sur ses ressources aussi bien sûr.<br class='autobr' /> Or, qu'ils viennent du Nord ou des Grands Lacs, du Sahel, du Sud ou de l'Ouest, de partout ailleurs, les Africains ne sont pas des enfants qu'il faudrait éduquer et guider sur le chemin de la civilisation. Nous n'avons pas à leur imposer notre conception du monde et de la vie bonne ; nos façons d'être, de faire et de penser. En somme, l'avenir de l'Afrique n'appartient qu'à celles et ceux qui y vivent, y travaillent, y élèvent leurs enfants, y créent et y rêvent. Et à personne d'autre !</p> <p><strong>Les modèles ne sont pas transposables !</strong></p> <p>L'Europe des Commissaires – celle qui se façonne à Bruxelles dans les bureaux climatisés et les salons feutrés du Berlaymont comme du Juste Lipse… ou un peu plus loin à « La Lanterne » – croit devoir exporter son « mode de vie ». Mais qui sommes-nous pour dire au monde et aux autres, surtout en Afrique, comment il faut ou comment l'on doit vivre ? Mon propos n'est bien sûr pas de nier que certaines valeurs ou certaines aspirations sont universelles, ni que chaque être humain doit pouvoir s'émanciper par l'éducation et se voir respecté dans son corps et dans ses droits. Mais de la promotion d'un « mode de vie » à la transposition d'un modèle, il n'y a qu'un pas. Un pas qui empêche d'avancer suivant son propre rythme, son propre calendrier et conformément au contexte qui est le sien !<br class='autobr' /> En effet, force est d'admettre que celles et ceux sur qui le modèle s'abat se voient privés de leur identité comme de leur Histoire – comme si cette Histoire valait moins que celle des détenteurs du modèle imposé. Pour le dire concrètement, aujourd'hui comme hier, nous, Européens, attendons de retrouver en Afrique ce que nous connaissons chez nous. Par ethnocentrisme, nous voulons des organisations politiques et sociales, des modes de scrutin, des règles et des codes… semblables aux nôtres ; capables de satisfaire nos étiquettes et les cases de nos formulaires.</p> <p><strong>Temporalités et réalités africaines</strong></p> <p>Nous avons tendance à regarder l'Afrique depuis notre vécu et nos dispositifs culturels sans faire l'effort de comprendre, dans sa variété, le quotidien des femmes et des hommes de ce continent. Partant, nous faisons fi des réalités locales et des aspérités du terrain.<br class='autobr' /> Nous négligeons le droit coutumier, car nous voulons une justice en bonne et due forme. Nous méprisons les traditions orales, car nous attendons des mots écrits noir sur blanc. Nous distribuons du matériel informatique ou médical de haute technologie, tout en ignorant la fragilité du réseau électrique, et sans prévoir de panneaux solaires. Nous demandons aux citoyens, aux entreprises et aux administrations de remplir puis de renvoyer des documents en ligne sans mesurer l'instabilité et la lenteur de certains accès internet. Nous refusons de voir qu'un pays sept fois plus grand que l'Allemagne et quatre-vingts fois plus grand que la Belgique, à savoir la République démocratique du Congo, doit pouvoir inventer des temporalités et des formes politiques adaptées à ses réalités sociales, économiques, culturelles, religieuses, géographiques.</p> <p><strong>Une Europe tétanisée et aveugle</strong></p> <p>Et si d'aventure nous jugeons que nos attentes, standards et planifications ne sont pas rencontrés, alors nous sermonnons, pointons du doigt, stigmatisons, sanctionnons, demandons des comptes… Cette attitude de l'Europe et de ses dirigeants est inacceptable. Elle est surtout stérile. Au reste, obnubilée, et même tétanisée par la question migratoire, l'Europe est devenue incapable de répondre aux enjeux du continent africain et, qui plus est, risque d'assombrir l'avenir de ce dernier autant que le sien propre.<br class='autobr' /> Pour faire bref : l'actuelle Commission von der Leyen a défini une nouvelle stratégie migratoire qui consiste à sélectionner, parmi les migrants disponibles, ceux qui répondent le mieux aux besoins des États membres. Cette stratégie – où l'on se comporte tels des clients sur un marché – est dangereuse en ce qu'elle vient priver les pays d'origine, en Afrique et ailleurs, de leurs forces vives et de leurs travailleurs les plus compétents… ceci avec d'inévitables conséquences en termes de prospérité pour les uns, et d'ordre international pour tous. Le bon sens aurait voulu que l'Europe œuvre dans une dynamique de partenariat afin de renforcer la formation professionnelle d'une jeunesse numériquement considérable qu'il s'avère funeste de laisser désœuvrée.</p> <p><strong>La nature a horreur du vide</strong></p> <p>Dominée par ses vieux démons et démesurément frileuse dans l'action, l'Europe a largement perdu sa crédibilité sur la scène internationale. Nos partenaires africains n'hésitent d'ailleurs pas à l'affirmer sans complexe : les lourdeurs administratives, le principe de conditionnalité et les éternelles arrière-pensées moralisatrices ont très sérieusement abimé l'axe naturel de solidarité Europe-Afrique dans lequel ils fondaient pourtant tant d'espoirs. La nature ayant horreur du vide, si l'Europe n'est pas là, d'autres prennent sa place. Et, soyons honnêtes, impossible de blâmer les États qui, de plus en plus nombreux, choisissent de se tourner vers la Chine ou vers l'Inde pour construire une route ou une centrale électrique en un temps record... plutôt que d'attendre cinq ans et plus avant d'avoir pu cocher toutes les cases imposées par Bruxelles.<br class='autobr' /> La critique est aussi sévère qu'elle est réaliste, pragmatique. La stratégie européenne en Afrique est devenue une coquille vide que certains États membres, ex-puissances coloniales, se plaisent d'ailleurs à contourner voire à ridiculiser pour mieux servir leurs intérêts propres et leurs petits calculs. Mais, sur place, les populations et les gouvernements n'en sont pas dupes et – ce qui est nouveau – rejettent avec une virulence et une colère croissantes les manœuvres d'ingérence ou d'occupation.</p> <p><strong>Accompagner des processus</strong></p> <p>Voici pourquoi, pour éviter de détruire complètement la confiance que nos voisins d'Afrique portent encore à l'Europe, je suis convaincu qu'il faut promouvoir une approche de partenariat fondée sur le respect des Histoires, singularités et réalités africaines, sans chercher à imposer nos modèles, agendas et modes d'existence. Sachant que les « grosses machines » administratives sont souvent impraticables, il convient de partir de la base et d'encourager des actions à la fois locales, ciblées et concrètes. La base, ce sont les communes, les écoles, les groupes citoyens (de femmes, par exemple), les associations de la société civile, les mutuelles, ou encore les assemblées parlementaires – lesquelles, par leurs groupes d'amitié, constituent des ressources précieuses qui mériteraient d'être mieux utilisées.<br class='autobr' /> Le but est avant tout de tisser des liens entre les personnes, de favoriser les contacts humains et de faciliter l'invention de techniques et d'outils vraiment adaptés au quotidien des gens. À cet égard, le remarquable travail d'accompagnement des processus que mène depuis deux ans l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) sous l'impulsion de sa Secrétaire générale, Mme Louise Mushikiwabo, doit être salué. Somme toute, et sans se limiter à la Francophonie, c'est dans cette direction, en tant que facilitateurs, qu'il nous faut œuvrer dans des domaines porteurs d'avenir, de paix, de sécurité commune et de prospérité partagée.</p> <table class="spip" summary=""> <caption>Nous devons proposer, et non pas imposer ! Nous devons accompagner, et non pas remplacer ! Nous devons respecter, et non pas rejeter ! Nous devons surtout être à l'écoute ! IL EN VA DU FUTUR DE L'AFRIQUE, COMME DU NÔTRE…</caption> <tbody> </tbody> </table></div> Nouveau Départ et syndrome de Judas https://24haubenin.com/?Nouveau-Depart-et-syndrome-de-Judas https://24haubenin.com/?Nouveau-Depart-et-syndrome-de-Judas Sat, 29 May 2021 11:51:15 +0200 fr Judicaël ZOHOUN <p>​« Mais Jésus dit à Judas : ‘'Ami, fais ta besogne'' » (Math. 26/50). On connaît la suite. Et que, presque dans la même veine que Judas, une petite bande béninoise du fric, aimant le Bénin d'un amour fort vénal, fit parcourir à ce pays sien un chemin de croix de son cru dans l'intention d'annuler le Nouveau Départ, appelé aussi Rupture, rupture d'avec les satrapes. ​Se souvenir du 14 avril 2018 à Djeffa, caverne argentée de l'un d'eux. Ils s'y réunirent avec d'autres de l'opposition politique, comme naguère à (...)</p> - <a href="https://24haubenin.com/?-Divers-" rel="directory">Opinion </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.com/local/cache-vignettes/L150xH74/arton31674-b6df2.jpg?1627652302' width='150' height='74' /> <div class='rss_texte'><p>​« Mais Jésus dit à Judas : ‘'Ami, fais ta besogne'' » (Math. 26/50). On connaît la suite. Et que, presque dans la même veine que Judas, une petite bande béninoise du fric, aimant le Bénin d'un amour fort vénal, fit parcourir à ce pays sien un chemin de croix de son cru dans l'intention d'annuler le Nouveau Départ, appelé aussi Rupture, rupture d'avec les satrapes.<br class='autobr' /> ​Se souvenir du 14 avril 2018 à Djeffa, caverne argentée de l'un d'eux. Ils s'y réunirent avec d'autres de l'opposition politique, comme naguère à Jérusalem, « dans le palais du Grand Prêtre, qui s'appelait Caïphe » (id. 26/3). Sans doute la réunion de Djeffa fixa-t-elle pour 2019 le retour à la satrapie. Aussi, au début du mois de mars 2019, des chasseurs de Kilibo oublièrent le gibier. Fusils bricolés et autres armes artisanales au poing, ils barrèrent la voie nord-sud : fin du flux des personnes et des biens. La police locale débordée, l'Etat fit appel à l'armée pour l'épauler. Des blessés parmi les forces de l'ordre. Ni morts ni blessés parmi les assaillants !? Cadavres et blessés emportés par les leurs mercenaires pour cacher leur provenance !? Le chef de la confrérie des chasseurs de Kilibo déclara plus tard qu'aucun des siens n'avait participé au complot et que lui, leur patron, n'avait donné aucun ordre de barrer quelque voie. Cela étant, la croix venait d'être chargée sur les épaules du Bénin.<br class='autobr' /> ​Et il fut arrêté de lui faire gravir rageusement le calvaire du Golgotha. Le 19 avril donc, un vendredi saint, trois personnalités parmi les plus illustres et les plus adulées du Bénin débarquèrent à l'improviste sur le plus grand marché de Cotonou. Elles demandèrent à la foule commerçante de Dantokpa de se soulever. Incrédule, la foule regardait, immobile, ces trois illustres Béninois qu'elle avait si souvent acclamés. Le moins âgé des trois tenta le coup de poing avec un policier. Un autre policier dégoupilla une grenade rasante et sonore. Incrédules à leur tour, les trois grands conjurés détalèrent sans demander leur reste.<br class='autobr' /> ​Mais « Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage ». L'assaut, prévu pour être final, fut donné le 1er mai. La fête du travail se prête à des revendications hurlées par des foules qu'on peut attiser de loin et transformer en braises sur la cité. Celui qui a échappé au supplice suprême du Golgotha n'échappera pas au supplice non moins suprême de la roche Tarpéienne, ramenée pour la circonstance au quartier Cadjêhoun de Cotonou, à l'entrée sud de la capitale économique, à côté du domicile d'un des attiseurs, déjà présent à Dantokpa avec propension au pugilat. Et ce fut un 1er mai tel que voulu pour le Bénin par deux anciens Présidents de la République et la Doyenne du Parlement avec le soutien d'une petite bande d'autres frustrés minables. Armés de bric et de broc, des nervis, stipendiés et drogués, firent irruption le 1er mai : voitures haut de gamme exposées à la vente parties en fumée. Le feu. Des aboiements dans la nuit. Un des nervis, ignare en plus d'être drogué, saisit une grenade fumante lancée par un policier : son bras droit devint moignon sanguinolent. Dans le brouhaha barbare de brutes ameutées et payées, les forces de l'ordre, olympiennes et stoïques, restèrent l'arme au pied. Mais quand le 2 mai les va-nu-pieds se remirent à piller, elles tirèrent. Des imprudents moururent. Il y eut des blessés. Ce fut la fin du cauchemar. Pour qu'il se calme, on enferma en sa caverne, 52 jours durant, le plus grand attiseur.<br class='autobr' /> ​Prévenu par « il nous énerve, j'irai le chercher, j'irai le capturer », etc., le coryphée du Nouveau Départ sut empêcher l'embrasement général envisagé autour du 11 avril 2021. Ainsi le Bénin a-t-il déjoué la trahison de Judas et n'est-il pas retourné à la dictature des 278 partis politiques, à la torture des syndicats en grève six mois sur douze, á la tristesse des jours et nuits sans énergie électrique, à la souffrance des villages sans eau potable, etc. Sur orbite de démocratie et de développement, avance, ô Bénin, et point ne t'arrête en chemin.</p></div> Le Bénin ne vit pas sous une dictature https://24haubenin.com/?Le-Benin-ne-vit-pas-sous-une-dictature https://24haubenin.com/?Le-Benin-ne-vit-pas-sous-une-dictature Fri, 28 May 2021 13:00:10 +0200 fr Judicaël ZOHOUN <p>Un texte bien inspirant avait récemment circulé, sur les réseaux sociaux tant il a, à l'appui des indicateurs d'une dictature qu'il a énumérés, indiqué deux dictatures qui sont tombées en Afrique en 2019. Il me plaît de croire que ceux qui ont soumis ledit texte à l'attention du public ne l'ont pas fait par allusion à la gouvernance qui a cours au Bénin depuis 2016, et pour cause. À l'intérieur comme à l'extérieur, de nombreux observateurs reconnaissent qu'il existe au Bénin une opposition organisée qui (...)</p> - <a href="https://24haubenin.com/?-Divers-" rel="directory">Opinion </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.com/local/cache-vignettes/L113xH150/arton31661-10e2e.jpg?1627652302' width='113' height='150' /> <div class='rss_texte'><p>Un texte bien inspirant avait récemment circulé, sur les réseaux sociaux tant il a, à l'appui des indicateurs d'une dictature qu'il a énumérés, indiqué deux dictatures qui sont tombées en Afrique en 2019.<br class='autobr' /> Il me plaît de croire que ceux qui ont soumis ledit texte à l'attention du public ne l'ont pas fait par allusion à la gouvernance qui a cours au Bénin depuis 2016, et pour cause.<br class='autobr' /> À l'intérieur comme à l'extérieur, de nombreux observateurs reconnaissent qu'il existe au Bénin une opposition organisée qui s'exprime. Le truculent Candide Azanaï a longtemps vitupéré la gouvernance de son ancien ami sans être inquiété. Notre constitutionnaliste de renom, Joël Aïvo, a mené, plus d'une année durant, sans coup férir, son dialogue itinérant avec des arguments juridiques, économiques et sociales, tout en affichant clairement son opposition au chef de l'État et en critiquant les actions de son gouvernement et promettant de lui arracher le pouvoir. Les ténors de la formation politique "Les Démocrates" ont animé l'opposition comme ils l'ont pu et, malgré tout, ils ont pu décrocher le sésame qui leur a permis d'exister officiellement en tant que parti politique et donc de concourir à l'élection présidentielle du 11 avril 2021. Le duo de candidats que ce parti a présenté n'a pu, hélas, réunir les parrainages nécessaires pour être au starting-block.<br class='autobr' /> Les activités du parti "Les Démocrates" ainsi que celles de Joël Aïvo étaient régulièrement relayées par la presse. C'est dire que la presse est plurielle et donc que la liberté de presse n'est pas confisquée au Bénin. Les libertés individuelles, celles d'association, de manifestations sont juste canalisées pour ne plus laisser place à la pagaille qui a eu longtemps cours dans le pays.<br class='autobr' /> Jusqu'en 2016, le Bénin sombrait littéralement dans l'immobilisme politique qui en sclérosait le développement économique et le progrès social. Il a été gouverné, deux décennies durant, par deux chefs d'État dont la vision la plus perceptible était de s'éterniser au pouvoir. De ce fait, le populisme et le laisser-aller étaient érigés en mode de gouvernance. Le pays avait continuellement baigné dans un désordre indescriptible. Tout allait à vau-l'eau, et la cohésion sociale était déchirée.<br class='autobr' /> Il faut être rien moins qu'un révolté, un fou furieux pour s'attaquer à l'ordre établi, un mal si enraciné qu'il ne peut se résorber en douceur. Cela peut choquer, j'en conviens. Mais dans un pays comme le nôtre où les réformes sont difficiles à faire passer et où des remaniements ministériels sont parfois opérés sur la base de marchandages voire de chantages politiques induisant le plus souvent la mal gouvernance, il fallait absolument jouer son va-tout. Mieux vaut concéder un mal pour un bien que de nous complaire dans un mal qui perdure.<br class='autobr' /> Le modèle autocratique sous la Révolution n'a pas réussi à impulser le développement économique et le progrès social. Le pluralisme démocratique né de la Conférence nationale encore moins. Coûteux, il a plutôt relégué l'économie au second plan et maintenu la peuple dans un clientélisme favorable au maintien de l'inertie et aux rentes de situation. Pour le dire plus simplement, le modèle démocratique que de nombreux pays nous envient n'a profité qu'à une poignée de personnes. Je voudrais alors en appeler à admettre que le président Patrice Talon a tenté d'explorer une troisième voie.<br class='autobr' /> Déjà évoqué sous la gouvernance de Boni Yayi, c'est sous celle de Patrice Talon que le concept de dictature du développement a fait recette. C'est la fin qui justifie les moyens. Les résultats sont palpables, car il faut être résolument de mauvaise foi pour ne pas reconnaitre qu'au plan des réformes institutionnelles et administratives puis de réalisations des infrastructures, c'est du jamais vu au Bénin.<br class='autobr' /> Il est de notoriété publique que les gens ont faim, mais force est de reconnaître que cela ne date pas d'aujourd'hui. Si de plus en plus de Béninois ont faim depuis le Renouveau démocratique, c'est parce que ce qui devrait être fait depuis longtemps pour enrayer cette spirale ne l'avait pas été. Cela devait passer pas des réformes courageuses. Les jalons de la lutte contre la faim sont en train d'être posés. On peut espérer que les résultats seront bien palpables d'ici à deux ou trois ans si on maintient le cap.<br class='autobr' /> La prédation et la délinquance financière au Bénin ne sont que des supputations d'une certaine classe politique. Comment aurait-on pu réaliser les infrastructures aussi appréciées de tout le monde si ces deux fléaux sont érigés en mode de gestion ? C'est nier la lumière en plein midi que de ne pas accepter que les indicateurs économiques du Bénin sont globalement bons. La situation de l'endettement est même honorable.<br class='autobr' /> Toutes les institutions républicaines sont en place et jouent leur partition comme elles le peuvent dans le concert démocratique. Tout n'est pas parfait, loin s'en faut. Notre démocratie ne s'enracinera que progressivement avec, quelques fois, des à-coups dont certains seront salutaires et d'autres inutiles ; c'est dans l'ordre normal des choses.<br class='autobr' /> Pour finir de balayer du revers de la main la lueur d'une dictature au Bénin, je dois indiquer qu'un dictateur n'accède jamais au pouvoir et prendre, lui-même, les dispositions pour ne pas y rester longtemps. Le candidat Patrice Talon avait fait campagne autour d'un certain nombre de projets politiques dont celui de ne faire qu'un seul mandat. Il y tenait au point qu'arrivé au pouvoir, il a tenté de le constitutionnaliser en le faisant appliquer à lui-même.<br class='autobr' /> La politique politicienne qui avait consisté à refuser la prise en compte, le 4 avril 2017, à l'hémicycle, du projet de révision de la Constitution avait été le catalyseur de la crise politique dont le point d'orgue était les élections législatives de 2019. Si ladite crise a quelque peu terni l'image du président Patrice Talon, elle n'a toutefois pas brouillé l'horizon qu'il s'est fixé, celui de transformer qualitativement le Bénin. La recherche du second mandat répond sans doute à la nécessité de consolider les acquis et permettre de finaliser quelques projets phares du quinquennat, notamment le projet ARCH, la construction des logements sociaux et de l'hôpital de référence.<br class='autobr' /> Si le Bénin est presqu'aussi éloigné de la dictature que le ciel l'est de la terre, force est de croire qu'à un moment, nous avions été en récession démocratique stratégique induite par la radicalisation de l'opposition. Les pouvoirs portent en effet en eux une dynamique potentiellement dangereuse d'accaparement et d'absolu, celui de Boni Yayi était champion toute catégorie. Mais aucune dérive autocratique n'a pu, jusque-là, installer le Bénin dans la dictature.<br class='autobr' /> Je voudrais toutefois rassurer que la démocratie est un point à l'horizon ; elle ne meurt jamais, mais renaît toujours de ses cendres. La raison, c'est parce que sa cause est une belle cause, et c'est pourquoi il faut y croire toujours et sans relâche, il faut y travailler encore et encore.<br class='autobr' /> La crise d'adolescence de notre démocratie va certainement connaitre, sous peu, son épilogue. Notre pays va être plus que jamais pacifié. Des partis politiques vont continuer de fusionner au gré de leurs intérêts mutuels et le jeu démocratique sera de plus en plus libre. Les dispositions crisogènes du code électoral et de la Constitution vont être toilettées et le mécanisme pour rendre consensuelle ladite constitution va être recherché puis trouvé.<br class='autobr' /> Je ne peux que déplorer les propos haineux tenus par une certaine classe politique et qui ont engendré des conspirations qui se sont traduites par des actes de violence avant et au cours du scrutin présidentiel de 2021. C'est ensemble et dans la paix que se construit un pays. Rien ne peut donc justifier la violence. Des arrestations pour des gardes à vue et pour des besoins d'enquête ont été opérées. Je souhaite que force puisse rester à la loi pour une justice équitable.<br class='autobr' /> Reste la question épineuse qui taraude les esprits, celle de la quête du troisième mandat. Le sens de l'honneur dont je crédite le président Patrice Talon l'empêchera de faire ce qu'il a reproché à son ancien ami et prédécesseur Boni Yayi et qui a engendré la mésintelligence que l'on sait entre les deux. Qui vivra verra avait-il récemment dit sur RFI et France24 !</p> <p>Ismaël Kaffo, essayiste sociopolitique.</p></div> Une immigrée africaine devenue lesbienne malgré elle (Par Aliou TALL) https://24haubenin.com/?Une-immigree-africaine-devenue-lesbienne-malgre-elle-Par-Aliou-TALL https://24haubenin.com/?Une-immigree-africaine-devenue-lesbienne-malgre-elle-Par-Aliou-TALL Mon, 24 May 2021 22:30:00 +0200 fr Judicaël ZOHOUN <p>Elle vient d'un pays musulman où l'homosexualité est vue comme une vicieuse ignominie. Elle a prétendu qu'elle est lesbienne, et qu'en cas de retour dans son pays, la réaction de la population, imbue d'une conception orthodoxe des interdits de l'Islam, aura été inéluctablement outrageuse et attentatoire à sa dignité et son intégrité physique. Y manifester ostensiblement son orientation sexuelle aura heurté les mœurs, les coutumes et les sensibilités religieuses. Le statut de réfugiée lui a été reconnu. Mais (...)</p> - <a href="https://24haubenin.com/?-Divers-" rel="directory">Opinion </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.com/local/cache-vignettes/L113xH150/arton30479-9353d.jpg?1627652302' width='113' height='150' /> <div class='rss_texte'><p>Elle vient d'un pays musulman où l'homosexualité est vue comme une vicieuse ignominie. Elle a prétendu qu'elle est lesbienne, et qu'en cas de retour dans son pays, la réaction de la population, imbue d'une conception orthodoxe des interdits de l'Islam, aura été inéluctablement outrageuse et attentatoire à sa dignité et son intégrité physique. Y manifester ostensiblement son orientation sexuelle aura heurté les mœurs, les coutumes et les sensibilités religieuses. Le statut de réfugiée lui a été reconnu. Mais elle s'est retrouvée piégée dans un mirage, et a été amenée à flirter avec une femme. Elle est devenue lesbienne pendant des mois,…malgré elle.</p> <p><strong>Prétendant qu'elle est lesbienne et qu'elle risque d'être persécutée dans son pays, elle a demandé le droit d'asile.</strong></p> <p>Dans le récit de sa demande d'asile, elle a prétendu que dès l'adolescence elle est attirée, non par les garçons, mais par les filles. Elle a déclaré avoir eu sa première expérience homosexuelle par un baiser échangé subrepticement avec une fille, dans les toilettes de son collège. L'intolérance de ses proches, et la violence des réactions verbales et physiques de la société contre les homosexuels, généraient en elle une peur inouïe de manifester des sentiments qu'elle ne pouvait pas contrôler.</p> <p>En effet, dans son pays, la grande majorité de la population, très attachée aux coutumes islamisées, considère l'homosexualité comme une déviance, un péché diabolique, contraire aux lois de l'Islam. La population manifeste ouvertement une haine viscérale à l'égard des homosexuels, traités comme des êtres sataniques, des souillures contre l'Islam. Elle a affirmé que lorsque ses parents ont découvert son penchant intime pour les femmes, ils ont déclaré qu'elle est bannie de la famille et de la communauté musulmane, et qu'ils attenteront à sa sécurité et sa vie si elle revenait au pays</p> <p>Mais sa demande d'asile a été rejetée, au motif qu'elle ne répond pas aux conditions de la Convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés, ni à celles du code français des étrangers (CESEDA). Elle a alors sollicité mon aide pour former un recours devant la Cour Nationale du Droit d'Asile (CNDA).</p> <p><strong>Avec des informations juridiques que je lui ai données, elle a fait un recours et a obtenu le droit d'asile.</strong></p> <p>Dans les éléments que je lui ai donnés pour former son recours, j‘ai démontré, sans revenir sur son récit, que dans son pays l'homophobie n'y est pas une déviance. Qu'au contraire, c'est l'homosexualité qui y est considérée comme une déviance. J'ai démontré que les convictions, prohibitions, principes religieux et traditionnels y justifient un fort degré d'homophobie, une culpabilisation permanente des homosexuels, qui les exposent à des persécutions, sans qu'ils puissent y bénéficier d'une protection efficace des autorités publiques. Qu'au contraire, les lois de son pays se rangent plutôt du côté de la population et des mœurs islamisées, en ce qu'elles incriminent à leur tour l'homosexualité, par des dispositions pénales sur les actes contre-nature.</p> <p>L'homosexualité y étant doublement incriminée, à la fois par des réponses sociétales que des réponses pénales, j'ai alors invoqué une directive européenne et décision de principe par laquelle de la Cour Européenne de Justice a, en 2013, retenu le principe selon lequel les homosexuels originaires de pays étrangers constituent un groupe social persécuté, dès lors qu'il existe dans leur pays d'origine une répression effective de leur orientation sexuelle. Ces arguments ont convaincu la Cour nationale du droit d'asile, qui a annulé la décision de l'OFPRA et lui a accordé un titre de résident de 10 ans.</p> <p><strong>Mais piégée par son mirage, elle a été amenée à consommer son homosexualité imaginaire.</strong></p> <p>Quelques temps après, j'ai croisé cette dame. Elle était en état de grossesse avancée. Interloqué, je l'ai félicitée tout en lui remarquant avec un brin d'humour : je croyais que vous étiez lesbienne, madame ! Sur un ton taquin, elle répondit : Oui, mais il y a la PMA (Procréation médicalement assistée), il y a aussi la bisexualité. A moitié convaincu, j'ai rétorqué : Quoi que !? C'est alors qu'elle décida de m'avouer qu'elle n'a jamais été lesbienne, que c'était juste pour éviter une OQTF (Obligation de quitter le territoire français) qu'elle a demandé l'asile. N'ayant pas pu obtenir la régularisation de sa situation administrative par d'autres voies. Mais qu'elle regrette, parce que les circonstances l'ont amenée à se comporter comme une lesbienne, pendant des mois, à son corps défendant. Elle avoua que pour attester le caractère probant des différentes relations intimes qu'elle a prétendues avoir eues dans sa préadolescence, et la crédibilité de ses déclarations sur la manière dont elle vit son homosexualité en France, elle s'est approchée d'une association qui apporte un soutien matériel et psychologique aux personnes persécutées ou discriminées en raison de leur orientation sexuelle.</p> <p>Mais sans le vouloir, ni le prévoir, elle a été entraînée dans un engrenage. Une lesbienne membre de cette association s'était beaucoup investie dans sa recherche de logement et de formations pour faciliter son insertion professionnelle. Elle se sentait redevable envers elle et, de ce fait, acceptait ses invitations à participer à des soirées et des manifestations LGBT (Lesbiennes, Gays, Bisexuels, et Transgenres). Elle lui faisait ensuite des compliments sur sa beauté, son joli teint et sa belle silhouette, et a fini par la draguer. Elle s'est sentie obligée d'accepter ses avances, et a décidé de jouer le jeu, pour obtenir des preuves de son homosexualité imaginaire et appuyer sa demande d'asile. Se disant que toute façon elle a un copain, et qu'elle aura juste à simuler un flirt avec cette femme, au plus tard jusqu'à la fin de sa procédure. Mais l'autre, se croyant aimée dans une vraie relation homosexuelle, lui a servi un baiser langoureux lors d'une soirée privée. Elle a concédé que ce baiser furtif a été réitéré à deux reprises, avant qu'elle n'ait décidé de s'éloigner de son amoureuse, parce que moralement persécutée par un sentiment de culpabilité. Malgré le remords, malgré le fait que son coming-out n'ait été qu'une supercherie, elle était devenue, de fait et malgré elle, une lesbienne.</p> <p>Elle s'est menti pendant des mois, et a bluffé tout le monde sur son orientation sexuelle, noyée dans un mirage à l'instar de Tartarin de Tarascon. Je lui ai demandé quelle a été la réaction des membres de l'association quand ils ont appris sa grossesse. Elle répliqua qu'elle a anticipé le choc en leur affirmant qu'elle est devenue bisexuelle. Mais que c'est plutôt à l'égard de sa famille musulmane, et surtout de son père, notable respecté par sa pieuté, qu'elle a des regrets. Bien que, en grande partie, c'est pour leur venir en aide qu'elle ait inventé ce psychodrame qui lui a permis d'obtenir un titre de séjour et un emploi.</p> <p>Son parcours migratoire soulève une intrigue difficile à dénouer, qui continue de titiller mes neurones, malgré mes 20 ans d'expertise des questions migratoires : La quête d'un titre de séjour et les difficultés existentielles peuvent-elles justifier les périlleux micmacs auxquels se livrent certains africains ?</p> <p><strong>Aliou TALL,<br class='autobr' /> Président du RADUCC<br class='autobr' /> Email : raducc@hotmail.fr</strong></p></div> Controverses sur la prolongation du mandat présentiel et le parrainage au Bénin : Que faire pour prévenir des épisodes d'instabilité ? https://24haubenin.com/?Controverses-sur-la-prolongation-du-mandat-presentiel-et-le-parrainage-au-Benin https://24haubenin.com/?Controverses-sur-la-prolongation-du-mandat-presentiel-et-le-parrainage-au-Benin Fri, 12 Mar 2021 17:00:59 +0100 fr Judicaël ZOHOUN <p>Résumé Cet article examine les risques d'instabilité liés à la situation politique du Bénin à la veille des élections présidentielles d'avril 2021. S'inspirant des recherches sur la notion de légitimité politique, l'article met en exergue les menaces que pose la mise en œuvre de certaines mesures électorales controversées. Il en conclut que, pour prévenir des scènes d'instabilité qui se profilent à l'horizon au Bénin, il faut impérativement y organiser un référendum et instaurer un conclave de parrainage avant (...)</p> - <a href="https://24haubenin.com/?-Divers-" rel="directory">Opinion </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.com/local/cache-vignettes/L150xH76/arton30212-c3e52.jpg?1627652302' width='150' height='76' /> <div class='rss_texte'><p><strong>Résumé</strong><br class='autobr' /> Cet article examine les risques d'instabilité liés à la situation politique du Bénin à la veille des élections présidentielles d'avril 2021. S'inspirant des recherches sur la notion de légitimité politique, l'article met en exergue les menaces que pose la mise en œuvre de certaines mesures électorales controversées. Il en conclut que, pour prévenir des scènes d'instabilité qui se profilent à l'horizon au Bénin, il faut impérativement y organiser un référendum et instaurer un conclave de parrainage avant les prochaines élections présidentielles.</p> <p>La situation préélectorale en cours au Bénin exige une analyse rationnelle des risques auxquels elle expose la stabilité du pays encore sous la hantise des violences postélectorales de 2019. En effet, en cette veille des élections présidentielles prévues pour le 11 avril prochain, des questions entourant la légitimité de certaines règles électorales et de l'autorité du président de la république post 5 avril 2021 persistent. Ces derniers mois, les débats sur ces aspects importants de la vie politique béninoise ont, pour la plupart, porté sur la question de leur légalité. Ainsi de nombreux recours ont été formulés à l'endroit des instances judiciaires telles que la cour constitutionnelle du Bénin et la cour africaine des droits de l'homme et des peuples (CADHP). Dans certains cas, tels qu'au niveau de la cour constitutionnelle, ces recours ont tous abouti à des décisions défavorables ou d'incompétence de la cour. Dans d'autres, tels que ceux adressés à la CADHP, les décisions favorables de cette juridiction ont été purement et simplement ignorées par le gouvernement béninois.<br class='autobr' /> Empruntant un paradigme différent de celui des spécialistes du droit, notamment celui des sciences politiques, le présent article met en relief les risques liés aux controverses sur la légitimité politique du nouveau cadre institutionnel ayant conduit à la prolongation du mandat présentiel en cours ainsi que l'instauration et la mise en œuvre du parrainage. Les arguments présentés ici se fondent donc sur la notion de légitimité et non sur celle de la légalité. Il en découle que, pour prévenir des scènes d'instabilité qui se profilent à l'horizon au Bénin, il faut impérativement y organiser un référendum et instaurer un conclave de parrainage avant les prochaines élections présidentielles.<br class='autobr' /> Légitimité politique et stabilité de l'ordre public dans les démocraties<br class='autobr' /> Le concept de la légitimité politique a été examiné par d'éminents penseurs et chercheurs, notamment par le philosophe britannique John Locke, le sociologue allemand Max Weber, ou encore des chercheurs contemporains américains tels que Seymour Martin Lipset ou Robert Dahl. En général, la légitimité politique est conçue comme étant l'acceptation, par le peuple, d'une décision politique, d'une autorité politique ou d'une institution donnée. De l'avis de John Locke, considéré comme l'un des principaux penseurs ayant inspiré le modèle américain de la démocratie, c'est le consentement implicite ou explicite des gouvernés qui confère aux gouvernants et à leurs décisions une légitimité politique.<br class='autobr' /> Dans le contexte des sciences sociales, la légitimité politique est donc fondamentalement différente de la légalité qui, elle, est généralement la préoccupation des juristes. Ainsi, les débats sur la légalité d'une décision étatique doivent être distincts de ceux portant sur sa légitimité politique. Il en est ainsi parce que les juridictions de compétence en ces deux matières sont aussi différentes. Dans les démocraties, les dissensions sur la légalité d'un acte sont, de façon souveraine, arbitrées par les instances judiciaires appropriées. En revanche, les questions de légitimité politique, du moins en démocratie, ne peuvent être tranchées que par le peuple. C'est pourquoi il est important de dissocier les deux concepts, surtout lorsque l'enjeu porte sur des questions aussi sensibles que les règles électorales.<br class='autobr' /> Le défaut de légitimité politique, surtout lorsqu'il s'agit de nouvelles règles électorales, constitue un enjeu particulièrement important pour la stabilité de l'ordre public. Pour s'en rendre compte, il suffit d'examiner l'histoire politique récente du Bénin. Après tout, c'est bien un défaut de légitimité politique des réformes du système partisan qui a abouti aux violences postélectorales de 2019. Non loin, en Côte d'Ivoire, c'est aussi le manque de légitimité politique des nouvelles règles électorales introduites en 1994 qui a conduit ce pays à son premier coup d'Etat en 1999 et à sa première guerre civile en 2002. Le défaut de légitimité politique représente donc une menace à la stabilité de l'ordre public d'un pays.<br class='autobr' /> S'inspirant d'une métaphore du politologue américain Robert Dahl, on peut conclure que le lien entre la légitimité politique et l'ordre public dans une société peut se décrire en termes de réservoir d'eau. Pour se maintenir en équilibre au sol, le réservoir doit contenir de l'eau jusqu'à un seuil minimum. Quand le niveau d'eau baisse en deçà de ce seuil minimum, il y a des risques que le réservoir s'écroule tout seul. Il en est ainsi de la stabilité politique aussi. Pour éviter la déstabilisation d'un pays, l'instauration de nouvelles règles régissant la compétition politique requiert un minimum de légitimité politique, celle-ci étant entendue comme le consentement implicite ou explicite du peuple. <br class='autobr' /> <strong>Le nouveau cadre institutionnel béninois et les polémiques entourant sa légitimité</strong><br class='autobr' /> Le premier élément institutionnel qui a fait l'objet de polémiques au Bénin est le parlement élu le 28 avril 2019. Suivant les données de l'institut IDEA, seulement 22,99% des électeurs inscrits ont participé aux élections législatives. En termes comparatifs, ce taux de participation représente à peine le tiers de celui des élections législatives de 2015 (65,91%) ou encore la moitié de celles de 1991 qui ont connu le taux le plus bas (51, 68%) de l'ère post conférence nationale au Bénin. Il est donc un fait irréfutable que, indépendamment des circonstances qui y ont conduit, le parlement issu des élections de 2019 a été mis en place sans le consentement d'une vaste majorité de Béninois. Il n'est donc pas surprenant que la légitimité politique de ce parlement suscite des controverses. Ces polémiques s'expliquent aussi par le fait que les membres du parlement, ayant collectivement le pouvoir de légiférer sur les règles devant régir la compétition contre leurs adversaires politiques, se déclarent tous partisans de la coalition au pouvoir.<br class='autobr' /> La prolongation du mandat du président de la république en exercice est un autre élément controversé du nouveau cadre institutionnel béninois. Alors que le mandat en cours était initialement prévu pour expirer le 05 avril 2021 à minuit, le nouveau code électoral dispose, en son article 131, que « Le président de la République élu entre en fonction et prête serment le quatrième dimanche du mois de mai de l'année électorale ». En outre, l'article 157-3 de la loi modifiant la constitution du 11 décembre 1990 stipule que « Le mandat du président de la République en exercice s'achève à la date de prestation de serment du président de la République élu en 2021, à 00 H ».<br class='autobr' /> Deux conséquences majeures découlent de ces nouvelles règles. D'une part, le nouveau code électoral accorde au président en exercice une prolongation de 47 jours (du 6 avril au 22 mai 2021 inclus) si le calendrier électoral établi était respecté. D'autre part, les nouvelles dispositions constitutionnelles lui accordent une prolongation indéterminée si, pour des raisons exceptionnelles, l'organisation des élections présidentielles ne pouvait être assurée à bonne date, ou si le président élu en 2021 n'arrivait pas à prêter serment dans les délais définis. Il s'agit là de mesures institutionnelles capitales prises par un parlement qui est lui-même sujet à des questions de légitimité politique. <br class='autobr' /> Le troisième élément institutionnel ayant récemment fait l'objet de débats publics est le parrainage institué par les nouvelles dispositions constitutionnelles et le nouveau code électoral. Cette nouvelle règle exige des candidats aux élections présidentielles qu'ils soient dûment parrainés par au moins 10% de l'ensemble des maires et députés. Au regard de l'importance de l'effet que peut produire cette règle de parrainage, notamment celui d'admettre ou de rejeter des candidatures à la magistrature suprême du pays, la polémique suscitée par son instauration n'est donc pas surprenante.<br class='autobr' /> Par ailleurs, au-delà de la règle de parrainage elle-même, c'est aussi le processus de sa mise en œuvre qui a été remis en cause par des acteurs impliqués et des observateurs. Par exemple, un député, bien qu'étant de la majorité au pouvoir, a publiquement remis en cause le processus de parrainage tel que conduit par la Commission Electorale Nationale Autonome (CENA). Cet élu déclare que son formulaire nominatif de parrainage a été attribué par son parti politique à un candidat autre que celui auquel il voulait accorder son soutien. Cet incident vient en rajouter aux problèmes de légitimité du nouveau cadre institutionnel devant régir les prochaines élections présidentielles. <br class='autobr' /> <strong>Les risques d'instabilité pouvant découler du nouveau cadre institutionnel béninois</strong><br class='autobr' /> Retournant à la métaphore du réservoir d'eau de Robert Dahl, il est à craindre que les questions de légitimité relatives aux nouvelles dispositions institutionnelles décrites plus haut portent un coup dur à la stabilité du Bénin. A court terme, il est possible, voire probable, que des protestations contre l'autorité du président en exercice émergent à partir du 06 avril prochain. D'ailleurs plusieurs acteurs, dont les deux anciens présidents de la république encore en vie, ont appelé publiquement à rejeter son autorité politique après le 05 avril à minuit. Des troubles à l'ordre public sont donc prévisibles. Les malheureux précédents de 2019 ayant occasionné des décès au cours des affrontements entre manifestants et forces de défense devraient être un indicateur en la matière.<br class='autobr' /> L'instabilité post 05 avril pourrait aussi être d'un ordre plus sérieux. Des tentatives de coup de force pour destituer le régime à partir du 06 avril sont aussi à craindre. En raison des incertitudes entourant la légitimité de l'autorité du président en exercice dans cette période, de tels coups de force ne sont pas seulement plausibles ; ils offriraient à leurs auteurs un avantage communicationnel dans l'opinion publique nationale et internationale. Une telle éventualité mettrait donc fin à un long cycle de stabilité dont a joui ce pays autrefois connu sous le nom de « l'enfant malade d'Afrique ».<br class='autobr' /> Les élections présidentielles, dont le premier tour est prévu pour le 11 avril, pourraient aussi être une occasion de violences. En effet, les contestations soulevées par l'institution du parrainage et les polémiques entourant sa mise en œuvre sont des griefs politiques pouvant motiver des tentatives de sabotage des élections. S'il est vrai qu'il existe en ce moment un calme apparent dans le pays, il ne serait pas surprenant que les camps politiques disqualifiés de la compétition électorale pour défaut de parrainage tentent de bloquer, pacifiquement ou par voies de violence, le processus électoral le 11 avril. En fonction de l'issue de ce premier tour, ces tentatives pourraient persister et exposeraient dangereusement le pays à des risques de déstabilisation. <br class='autobr' /> A long terme, la prolongation du mandat présidentiel en cours telle qu'expliquée plus haut porte en elle des germes d'instabilité institutionnelle. S'il advenait, malgré les incertitudes de légitimité qui entourent le sujet, que le président en exercice reste au pouvoir jusqu'à la prochaine investiture, cela constituerait un précédent qui ouvrirait la porte à de futures manipulations institutionnelles. Quelles justifications pourrait-on apporter pour freiner l'élan de futurs parlementaires à prolonger, pour une durée de leur goût, le mandat d'un président en fin d'exercice sans s'en référer au peuple ? De telles manipulations ouvriraient indéniablement la voie à l'effondrement du système démocratique béninois car elles offriraient aux futurs régimes la possibilité de se maintenir au pouvoir aux moyens de ruses constitutionnelles. Une telle instabilité institutionnelle ne manquerait pas d'avoir des répercussions sur l'ordre public. <br class='autobr' /> <strong>Que faire pour prévenir l'instabilité au Bénin ?</strong><br class='autobr' /> Apparemment conscient des menaces à l'horizon, le gouvernement béninois semble avoir choisi la voie de la dissuasion et de la répression. Son porte-parole, le Ministre Alain Orounla, a récemment déclaré que des dispositions sont prises pour que ne se reproduisent les violences postélectorales observées en 2019. « Tout est mis en œuvre pour décourager et dissuader, avant même que naissent ou ne germent toutes velléités d'appels au boycott, à l'insurrection, dans l'esprit de quiconque », a-t-il martelé à l'occasion d'un entretien accordé à la chaîne locale de télévision Golfe TV Africa le 28 février dernier.<br class='autobr' /> Malgré ces assurances du gouvernement, il demeure une grande incertitude quant à l'attitude des forces de défense et de sécurité. La police républicaine, fragilisée par des griefs corporatistes liés à la fusion de la gendarmerie et de la police en une force unique de sécurité, sera-t-elle, cette fois-ci, à la hauteur des attentes répressives du gouvernement ? L'armée, au regard des expériences malheureuses de 2019, optera-t-elle pour une loyauté au pouvoir politique ou choisira-t-elle d'adopter une attitude républicaine ? Même en cas de déploiement, les troupes s'aligneraient-elles aisément sur la position de la hiérarchie militaire ?<br class='autobr' /> Ce sont là de nombreuses questions auxquelles les échos provenant des rangs des forces de défense et de sécurité en ce moment ne permettent pas de répondre avec certitude. Il y a même lieu de s'inquiéter au regard des déclarations provenant de certains chefs militaires qui se disent « fatigués d'être pris en otage par un conflit de personnes qui n'en finit pas », faisant référence aux dissensions personnelles entre l'actuel chef de l'Etat et son prédécesseur. Plusieurs officiers supérieurs se disent offusqués de voir l'armée faire l'objet d'instrumentalisation dans le règlement de différends politiques. Le retour des militaires à la caserne tel que prescrit par la conférence nationale de 1990, disent-ils, « ne signifie nullement qu'un camp politique peut utiliser l'armée à sa guise pour dissuader ou réprimer ses adversaires politiques ».<br class='autobr' /> Face à cette incertitude entourant la capacité du gouvernement à garantir la stabilité par l'usage ou la menace de la force armée, la nécessité de solutions alternatives s'impose donc. Une solution réaliste et appropriée au contexte béninois actuel serait la convocation imminente d'un référendum préélectoral en vue de permettre au peuple souverain de se prononcer sur les questions de légitimité politique entourant le nouveau cadre institutionnel devant régir les prochaines élections. Deux plateformes pourraient ainsi être soumises à l'appréciation du peuple. La première, celle du OUI, consisterait à organiser des élections présidentielles de 2021 suivant les nouvelles règles électorales et conformément au calendrier établi. Ainsi, un vote en faveur du OUI accorderait la légitimité politique à la prolongation du mandat présidentiel en cours jusqu'à la prochaine investiture en mai 2021.<br class='autobr' /> Un vote en faveur du OUI aurait aussi pour conséquence la validité du parrainage en tant que règle électorale aux yeux du peuple. Toutefois, la plateforme du OUI devrait clairement indiquer une procédure pour la mise en œuvre du parrainage. Par exemple, un conclave de parrainage pourrait être adopté comme solution pour éviter l'opacité et les protestations qui ont accompagné la dernière mise en œuvre de cette règle par la CENA. Ainsi, les candidatures reçues par la CENA au 04 février dernier et remplissant toutes les conditions sauf celle du parrainage seraient soumises à un vote du collège des maires et députes rassemblés en conclave organisé par la CENA. Un tel conclave serait ouvert aux observateurs de la société civile ainsi qu'aux représentants des candidats. Le vote de chaque membre du collège se déroulerait dans un isoloir. A l'issue de ce vote secret, les listes ayant obtenu le quota de parrainage requis (10% du collège) seraient déclarées éligibles aux élections présidentielles. Une telle procédure garantirait à la fois l'anonymat des parrains voulu par la CENA ainsi que la transparence du processus, toutes choses qui mettraient le parrainage et sa mise en œuvre à l'abri de contestations.<br class='autobr' /> La seconde plateforme, celle du NON, aurait pour objectif de proposer au peuple une option pouvant conduire à l'émergence d'un nouvel ordre politique et économique au bout d'une transition politique de deux ans. Cette opportunité permettrait au Bénin de corriger son modèle politique qui, après une trentaine d'années d'expérimentation, montre des signes apparents d'essoufflement. Un modèle alternatif dénommé « Consencratie » et visant à mettre en place des institutions orientées vers une gouvernance consensuelle et de qualité, a été proposé par l'auteur de cet article dans un livre publié en 2016. Une transition politique de deux ans pourrait aussi être l'occasion pour une justice de transition pouvant déboucher sur une amnistie pour les faits et crimes ayant mis à mal la cohésion nationale au cours des dernières années. Enfin, cette période de transition serait une aubaine pour un dialogue public d'orientations socioéconomiques, tant au plan national qu'à l'échelle des communautés à la base. Un vote en faveur de cette plateforme du NON offrirait donc aux Béninois les chances de créer les conditions d'une stabilité durable.<br class='autobr' /> Les propositions formulées ici pourraient susciter quelques questions légitimes. La première serait de savoir si un référendum est encore faisable dans les courts délais précédant les élections du 11 avril prochain. La réponse est évidemment oui. Le Président de la République sortant dispose encore du mois de mars pour convoquer un référendum dont les résultats pourraient être connus avant l'expiration de son mandat initial le 5 avril à minuit. En outre, la CENA ayant déjà prévu des élections en avril, l'organisation d'un tel référendum ne nécessiterait qu'un ajustement des infrastructures requises pour ce scrutin.<br class='autobr' /> Qui conduirait le processus de transition politique dans l'hypothèse de l'adoption de la plateforme du NON au référendum ? Si un tel scénario advenait, le président de la république sortant démissionnerait à l'expiration de son mandat initial, c'est-à-dire le 05 avril 2021 à 00 heure. Le président de l'Assemblée Nationale prêterait serment le 06 avril pour assumer les fonctions de président de la république par intérim pour une durée de 30 jours. Il devrait, dans ce délai de 30 jours, organiser une concertation nationale des acteurs sociopolitiques en vue de la désignation d'un Président de Transition qui se chargerait de conduire la transition politique pour une durée de deux ans. Toutefois, ces mesures devraient au préalable figurer sur la plateforme soumise au référendum. <br class='autobr' /> La dernière question à anticiper serait de savoir si le régime en place, notamment le président de la république sortant, voudra mettre en œuvre les présentes propositions. Il serait naïf de croire qu'un homme politique, détenant les cartes de sa survie politique, les cèderait sur une simple demande. Mais il serait tout aussi naïf de croire qu'un homme politique, aussi déterminé soit-il, est en mesure de s'assurer une survie politique sans la loyauté de ce que le politologue américain Bruce Bueno de Mesquita et ses collègues ont appelé le « winning coalition », c'est-à-dire un ensemble de personnes physiques et morales sans lesquelles l'on ne peut garantir sa place au pouvoir. Dans le cas d'espèce, cette coalition est faite d'une panoplie d'acteurs au rang desquels figurent en priorité les forces de sécurité et de défense, les services de renseignement, des élites (politiques et académiques) ainsi que les gouvernements des pays étrangers abritant des intérêts économiques des acteurs au pouvoir au Bénin. Des pressions provenant de cette coalition inciteraient à coup sûr le gouvernement à se pencher sur des options consensuelles et pacifiques pouvant mettre le Bénin à l'abri de soubresauts dont les risques semblent être camouflés par un calme préélectoral trompeur mais qui paraissent de plus en plus inévitables.</p> <p><strong>Biographie de l'auteur</strong><br class='autobr' /> Dr. Juste Codjo est professeur de sécurité internationale au New Jersey City University aux Etats-Unis d'Amérique où il dirige un programme de doctorat en études de sécurité. Ancien officier supérieur des forces armées béninoises et titulaire d'un certificat d'études stratégiques obtenu au U.S. Army Command and General Staff College, il est auteur d'un livre sur la consencratie, un modèle de démocratie consensuelle inspiré de ses recherches en sciences politiques.</p></div> Veille d'élection au Bénin https://24haubenin.com/?Veille-d-election-au-Benin https://24haubenin.com/?Veille-d-election-au-Benin Sat, 06 Mar 2021 07:30:50 +0100 fr Judicaël ZOHOUN <p>​Veuillez ne pas vous fier à ma djellaba. Simple tenue de camouflage. Voici ma carte professionnelle. Sous-lieutenant. Mes supérieurs m'ont envoyé vers vous suite à votre conversation téléphonique – vous êtes écouté – du 26 février 2021. Votre interlocuteur est connu, ses intentions sont connues. « Le pays brûle », vous a-t-il dit. Non, le Bénin ne brûle pas et ne brûlera pas ! Les quelques informations que je vous apporte ne sont pas secret-défense. Vous pouvez donc y faire allusion dans vos écrits et lors de (...)</p> - <a href="https://24haubenin.com/?-Divers-" rel="directory">Opinion </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.com/local/cache-vignettes/L150xH74/arton30076-6f9b2.jpg?1627652302' width='150' height='74' /> <div class='rss_texte'><p>​Veuillez ne pas vous fier à ma djellaba. Simple tenue de camouflage. Voici ma carte professionnelle. Sous-lieutenant. Mes supérieurs m'ont envoyé vers vous suite à votre conversation téléphonique – vous êtes écouté – du 26 février 2021. Votre interlocuteur est connu, ses intentions sont connues. « Le pays brûle », vous a-t-il dit. Non, le Bénin ne brûle pas et ne brûlera pas ! Les quelques informations que je vous apporte ne sont pas secret-défense. Vous pouvez donc y faire allusion dans vos écrits et lors de vos sorties médiatiques.<br class='autobr' /> ​Les gesticulations actuelles s'alignent sur Kilibo-Tchaourou quand desdits chasseurs ont attaqué la police, sur le grand marché Tokpa en ce Vendredi-Saint que des personnalités respectées ont tenté de transformer en vendredi de chaos, et sur Cotonou en ces nuits de cauchemar les 1er et 2 mai. Les meneurs s'activent à nouveau. Le Bénin d'antan, pays livré à 278 partis politiques sangsues, pays asservi par une foule de syndicats de vacanciers et non de travailleurs, le Bénin sans perspective, servait les intérêts d'un quarteron de pilleurs qui ne se consolent pas de leur manque à piller. Et ce temps avant les prochaines élections leur paraît propice pour créer l'embrasement qui leur permettra de réinstaller le Bénin dans la chienlit où ils faisaient leur beurre. Pour la besogne, des renforts leur sont venus de l'Ouest.<br class='autobr' /> ​Le premier renfort tient à la lecture imposée par le principe de précaution. Il n'est pas sûr que l'Hexagone voie d'un œil favorable le Bénin des cinq années passées. Dans son pré carré néocolonial, il préfère les mares à canards boiteux, considérant comme dangereux pour ses affaires les ilots de liberté et de dignité. Il pourrait donc chercher à nous arrêter net. Pourquoi a-t-il envoyé ici, à la veille des élections, son ancien représentant dans le pays d'Ouest, et qui n'a eu qu'à traverser la frontière pour entrer dans son nouveau bureau ? Qu'a-t-il fait là-bas et que vient-il faire ici ? Il fait l'objet en tout cas de notre vigilance. Un certain Représentant de l'Union Européenne avait montré un activisme déstabilisateur. Nos fiches circonstanciées ont permis à l'Autorité politique de lui ordonner de refaire ses valises.<br class='autobr' /> ​Le deuxième renfort à nos pilleurs aux abois s'appelle Célimène. Elle n'a pas toujours été blanche. Elle travaillait à l'Ouest où a travaillé longtemps aussi son principal mentor sur place ici. Ce dernier l'a démarchée à coups de « tu as toujours été la candidate de mon cœur ». Attendrie, Célimène a traversé la frontière. L'insistance du mentor et des promesses alléchantes ont eu raison du leader du parti Les Indépendants, et voici Célimène hissée candidate à sa place. Mais trop tard entrée dans la course, elle n'aura pas eu assez de parrains pour valider sa candidature. Célimène sera peut-être restée prisonnière du Bénin de l'achat des consciences, du Bénin de la danse du ventre. En effet, ils ont sorti de l'argent pour tenter de vaincre la réticence des élus à cautionner l'Inattendue Venue de l'Ouest.<br class='autobr' /> ​Le troisième renfort est en lien avec Célimène et son entourage politique. C'est d'abord le visage d'un de nos aînés, officier supérieur à la retraite, recruté pour une vague d'attentats avec mort de personnalités en vue. Créer les conditions pour la non-tenue des élections. C'est ensuite le visage de deux voyageurs venant de l'Ouest et que, avertis, nous avons cueillis à leur entrée au Bénin, porteurs de 170,5 millions de francs CFA. Est connue la destination de ce « premier décaissement ». Je précise toutefois qu'aucun des renforts ne nous paraît engager la responsabilité personnelle des autorités politiques du pays d'Ouest.<br class='autobr' /> ​Lorsque Célimène veut porter plainte contre WhatsApp parce que des étrangers ont squatté son smartphone et récupéré ses messages, c'est nous qu'elle menace. Elle a oublié qu'en cette veille d'élection, l'Etat souverain doit s'autoriser toute bonne action tendant à offrir aux citoyens la sécurité nécessaire à l'exercice de leur droit à la liberté et à la dignité.</p></div> Démocratie et honnêteté politique au Bénin https://24haubenin.com/?Democratie-et-honnetete-politique-au-Benin https://24haubenin.com/?Democratie-et-honnetete-politique-au-Benin Sat, 27 Feb 2021 09:03:54 +0100 fr Judicaël ZOHOUN <p>​Le bilan matériel du Bénin transfiguré en cinq ans de labeur porte en filigrane un bilan immatériel à l'importance indépassable : la confiance retrouvée en soi Béninois, l'assurance que, loin d'être nuls, les Béninois sont capables de s'organiser ensemble pour le progrès de l'homme ici et maintenant. Reconnaître et saluer ce bilan immatériel reflété par le bilan matériel de la Rupture ne saurait signifier allégeance à X ou à Y, capitulation, renonciation á son idéologie politique, quand on en a une. Car en (...)</p> - <a href="https://24haubenin.com/?-Divers-" rel="directory">Opinion </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.com/local/cache-vignettes/L150xH74/arton29919-c82bc.jpg?1627652302' width='150' height='74' /> <div class='rss_texte'><p>​Le bilan matériel du Bénin transfiguré en cinq ans de labeur porte en filigrane un bilan immatériel à l'importance indépassable : la confiance retrouvée en soi Béninois, l'assurance que, loin d'être nuls, les Béninois sont capables de s'organiser ensemble pour le progrès de l'homme ici et maintenant. Reconnaître et saluer ce bilan immatériel reflété par le bilan matériel de la Rupture ne saurait signifier allégeance à X ou à Y, capitulation, renonciation á son idéologie politique, quand on en a une. Car en démocratie, il est du devoir légitime de l'opposition politique de chercher les zones d'ombre, de les mettre en exergue à l'attention du pouvoir afin que nul n'aille croire que tout est beau dans le meilleur des mondes. Mais si la politique est l'art d'organiser la cité en vue de son progrès constant, la critique politique, noblesse de la démocratie, ne peut pas consister à jeter le bébé avec l'eau du bain, elle doit rester l'art d'amener les dirigeants à ne pas s'assoir sur leurs lauriers. La critique politique ne peut pas faire abstraction totale d'une certaine honnêteté politique.<br class='autobr' /> ​Or, le 13 janvier 2021, le Front pour la Restauration de la Démocratie au Bénin a parié sur le tout noir du rien-ne-va et exigé, entre autres, « le retour de tous les citoyens béninois contraints à l'exil ». Contraints à l'exil par eux-mêmes. Soit l'on ne veut pas rendre compte de choses graves que la justice vous reproche – c'est le cas en l'occurrence –, soit l'on ne veut pas se laisser dicter sa vie par un régime autocratique – ce fut le cas sous le PRPB –, soit l'on ne croit pas en l'honnêteté des gens de justice commis pour vous juger, etc., alors on se cache et on décampe. On reviendra, peut-être de guerre lasse. L'exilé quitte son pays la mort dans l'âme. Lui seul décidera de quand il reviendra pour rendre compte et retrouver la joie.<br class='autobr' /> ​Or, le 18 février 2021, le Groupe National de Contact adresse une puissante et longue lettre au Chef d'Etat-Major des Forces Armées Béninoises pour lui demander de prendre ses responsabilités en ce qui concerne, entre autres, « la défense légitime de la Constitution du 11 décembre 1990 ». Au vu des plus de cent ampliations urbi et orbi, l'impression prévaut que le Groupe National de Contact n'a pas grande confiance dans le succès de l'entreprise. Il se souvient sans doute que d'éminentes personnalités, un Vendredi Saint, s'y sont essayées en plein marché à Cotonou, et que le peuple les a ignorées, méprisées. Avec l'armada appelée en renfort à la fin de sa lettre, le Groupe National de Contact espère-t-il, cette fois-ci, arrêter le peuple en marche et le renvoyer à ses anciens démons, à son ancienne misère ?<br class='autobr' /> ​Or, entre le 13 janvier et le 18 février, le grand parti d'opposition, Les Démocrates, a désigné son candidat à la Présidence de La République. Et ce fut la surprise. Tous pensaient en effet, compte tenu de la fringance du leader du parti, qu'il était son candidat naturel. L'inattendu porte-drapeau est, certes, auréolé de réputations, mais n'a jamais été vu, au Bénin, s'afficher avec les opposants, et son opposition à la Rupture ne paraît pas non plus une chose évidente. Sa mise en orbite présidentielle troubla les vrais démocrates. Que fait-on du respect du peuple ? Dans les cases enfumées et les salons huppés, on se demanda si de noires divinités ne tiraient pas, dans l'ombre, les ficelles du grand parti Les Démocrates.<br class='autobr' /> ​La cohérence entre les trois lieux ci-dessus s'appelle déficit de probité, absence d'honnêteté. Certes, l'on dit chimérique l'honnêteté en politique. Or « Dans un paysage baigné de lumière, il y a des ombres. » Et celui qui s'attache à ne voir que les ombres et pas la lumière commet le mystérieux « péché contre l'Esprit », dont Jésus-Christ a dit qu'il est le seul que Dieu ne pardonne pas. Puissent donc les opposants béninois voir, eux aussi, la lumière apparue à l'horizon du Bénin, et œuvrer pour qu'elle triomphe des ombres et baigne l'ensemble du paysage béninois. Pour le progrès de l'homme. Pour le bonheur de tous.</p></div> Dieu incarné en débat à Parakou https://24haubenin.com/?Dieu-incarne-en-debat-a-Parakou https://24haubenin.com/?Dieu-incarne-en-debat-a-Parakou Sat, 20 Feb 2021 09:35:56 +0100 fr Judicaël ZOHOUN <p>​Récemment, sur Golfe TV Africa, relayé par les réseaux sociaux, l'Archevêque de Parakou a conduit une réflexion digne du plus grand intérêt. En voici le verbatim partiel : « C'est vrai ! Dieu s'est incarné dans un peuple, le peuple juif. Mais Dieu lui-même n'est pas juif… C'est Lui qui a créé toutes les ethnies. Pourquoi Il choisirait d'être juif seulement ? En devenant juif avec les Juifs, Il a voulu embrasser toutes les ethnies. C'est notre colonisation qui fait que nous avons du mal à accueillir le Christ (...)</p> - <a href="https://24haubenin.com/?-Divers-" rel="directory">Opinion </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.com/local/cache-vignettes/L150xH74/arton29783-4c031.jpg?1627652302' width='150' height='74' /> <div class='rss_texte'><p>​Récemment, sur Golfe TV Africa, relayé par les réseaux sociaux, l'Archevêque de Parakou a conduit une réflexion digne du plus grand intérêt. En voici le verbatim partiel : « C'est vrai ! Dieu s'est incarné dans un peuple, le peuple juif. Mais Dieu lui-même n'est pas juif… C'est Lui qui a créé toutes les ethnies. Pourquoi Il choisirait d'être juif seulement ? En devenant juif avec les Juifs, Il a voulu embrasser toutes les ethnies. C'est notre colonisation qui fait que nous avons du mal à accueillir le Christ et sa mère comme faisant partie de notre patrie… Comment vous voulez qu'on soit noir et que nous imaginions notre Maman [Vierge Marie] blanche ? Il y a quelque chose qui ne va pas dans notre cosmogonie, dans notre décor mental… Il faudrait que nous essayions de sortir de nos mentalités réductrices. Je sais que Dieu est prêt à assumer toute ethnie, toute couleur… » Clair. Courageux. Audacieux.<br class='autobr' /> ​Si l'on chemine loin avec le prélat, on aboutira dans le Borgou à un catholicisme transfiguré. On pourrait renouer avec feu authenticité zaïroise qui vit Joseph-Désiré muer en Sese Seko pendant que, à l'ouest du Bénin, Etienne muait en Eyadema. Et il est vrai qu'il est malséant pour une Baatonu de Nikki de se prénommer – le livret de catholicité faisant foi – Marie-France. Voilà « cosmogonie » et « décor mental » en appui à la thèse d'une France, petite, affirmant qu'à partir du baptême de Clovis en 496, les Français sont devenus le nouveau peule élu parce qu'ils ont accepté Jésus-Christ comme sauveur du monde alors qu'Israël l'a rejeté. Extravagant. Sans importance donc. Mais si cette petitesse délirante avait sous-tendu ce que l'Archevêque de Parakou appelle « notre colonisation » ? Que faire ? La sud-américaine Théologie de la Libération condamnée par Jean-Paul II au Nicaragua constitue pour le prélat un sens interdit. Que faire ? Peut-être se tourner vers Paul, l'apôtre des non Juifs, et s'entendre dire que « si le Christ n'est pas ressuscité, vide alors est notre message, vide aussi votre foi » (I Cor, 15/14). Dieu, sauveur du monde, n'est donc pas, selon Paul, le « Dieu sanglant » du mystique Lanza del Vasto, mais le Christ Pantocrator, le Christ en gloire des Eglises orthodoxes, lesquelles sont étiquetées schismatiques par l'Eglise catholique romaine, l'Archevêque de Parakou le sait. Et il sait que, à imiter les chrétiens orthodoxes, le Borgou catholique aurait ses églises ornées d'icônes mais vides de statues en bois, pierre ou plâtre. Serait-ce encore catholique ? Non car, après qu'au 1er siècle Paul a arraché Jésus-Christ à ses apôtres juifs pour l'offrir au monde païen, Constantin, au IVème siècle, a emprunté le paulinisme aux chrétiens pour en faire religion d'Etat afin de sauver l'unité de son empire. Et il a légué à l'Eglise catholique romaine le style qui fait aujourd'hui son apparat et son éclat : vêture, architecture, statuaire, etc. Sinon c'est la nudité des églises protestantes. Or l'Eglise catholique romaine se méfie plus encore des Protestants que des Orthodoxes parce que Luther a ajouté l'hérésie au schisme. L'Archevêque de Parakou le sait.<br class='autobr' /> ​Que faire pour être catholique romain dans le Borgou de 2021 ? Dans Christianisme sans fétiche, sous-titré Révélation et domination, (Présence africaine, 1981), Fabien Eboussi Boulaga écrit : « Une des causes de la perte de crédibilité du christianisme africain est sa liaison dangereuse avec la force. » (p.48). « Notre colonisation » ? Plus loin (p.52), l'ancien jésuite camerounais en appelle au « courage des ruptures clarifiantes et libératrices. » Pour y parvenir, il faudrait adhérer à l'évangéliste Jean : « Dieu est esprit, et ceux qui adorent, c'est en esprit et en vérité qu'ils doivent adorer. » (4/24) Dieu intériorisé clôt le débat. Car si l'Archevêque de Parakou réussit son dessein d'une reconquête africaine du christianisme, arrivera-t-il, dans le Bénin de 2021, à faire s'incliner l'ethnie X devant Dieu aux traits de l'ethnie Y ? Le Dieu qui libère et rassemble les hommes est celui de l'évangéliste Jean.</p></div> Mes prédictions IdO pour 2021 : une technologie plus intelligente améliorera les affaires https://24haubenin.com/?Mes-predictions-IdO-pour-2021-une-technologie-plus-intelligente-ameliorera-les https://24haubenin.com/?Mes-predictions-IdO-pour-2021-une-technologie-plus-intelligente-ameliorera-les Wed, 17 Feb 2021 11:00:00 +0100 fr Judicaël ZOHOUN <p>Découvrez les tendances de l'IdO que nous verrons le plus en 2021. Parmi les prédictions de l'IdO allant de la santé numérique, de l'apprentissage à distance, de la fabrication connectée et de la micro-mobilité à la durabilité, le dénominateur commun est l'adoption accélérée globale des technologies sans fil. Avec 2020, le monde ne sera plus jamais le même. Néanmoins, je suis impatiente de démarrer une nouvelle année passionnante. Si 2020 a été l'année pour atténuer et gérer la pandémie de COVID-19, 2021 est (...)</p> - <a href="https://24haubenin.com/?-Divers-" rel="directory">Opinion </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.com/local/cache-vignettes/L150xH85/arton29737-0e25a.jpg?1627652302' width='150' height='85' /> <div class='rss_texte'><p>Découvrez les tendances de l'IdO que nous verrons le plus en 2021. Parmi les prédictions de l'IdO allant de la santé numérique, de l'apprentissage à distance, de la fabrication connectée et de la micro-mobilité à la durabilité, le dénominateur commun est l'adoption accélérée globale des technologies sans fil.<br class='autobr' /> Avec 2020, le monde ne sera plus jamais le même. Néanmoins, je suis impatiente de démarrer une nouvelle année passionnante. Si 2020 a été l'année pour atténuer et gérer la pandémie de COVID-19, 2021 est l'année où « la nouvelle normalité » devient un cliché. Ce qui est évident, c'est que la pandémie a perturbé les routines quotidiennes et accéléré l'adoption de nouvelles technologies, nous permettant de travailler à distance, d'étudier à domicile et de maintenir une distance sociale. Beaucoup de ces tendances se poursuivront en 2021, et il y a de fortes implications pour l'Internet des objets (IdO).<br class='autobr' /> L'IdO et la connectivité nous ont certainement aidés à nous rapprocher sur le plan personnel alors que nous étions tous physiquement séparés. La pandémie a poussé les entreprises à faire avancer l'adoption de l'IdO peut-être plus rapidement qu'elles ne l'auraient souhaité. Pour libérer toute la valeur de l'IdO, une connectivité sans fil sécurisée est nécessaire.<br class='autobr' /> <strong>Voici mes prédictions IdO pour 2021 :</strong><br class='autobr' /> 1. La transition vers les soins de santé numériques se développe et les lieux de dépistage et de vaccination deviennent plus accessibles - et ouvrent la voie à une nouvelle norme pour les services de santé.<br class='autobr' /> 2. L'enseignement et l'apprentissage à distance ouvrent les portes à de nouvelles expériences numériques et à des ressources partagées, mais contribuent également à démocratiser l'accès au savoir.<br class='autobr' /> 3. Les fabricants et la logistique deviennent encore plus intelligents, et les jumeaux numériques offrent une optimisation des performances et des économies - avec une adoption croissante et une application plus large.<br class='autobr' /> 4. Les solutions de micro-mobilité transforment nos modes de transports en milieu urbain.<br class='autobr' /> 5. La pandémie a peut-être éclipsé la durabilité, mais c'est le principal défi que nous devons relever ensemble - devenir la nouvelle norme pour gagner l'innovation et les affaires.<br class='autobr' /> <strong>La montée en puissance de la santé numérique pour les patients et les soignants</strong><br class='autobr' /> La 5G et l'IdO ont permis la possibilité de chirurgies à distance ou dirigées par un robot. De même, la pandémie COVID-19 a donné une nouvelle urgence à la nécessité de limiter les contacts entre les médecins et les patients.<br class='autobr' /> Ces techniques sont récemment passées de la théorie à la réalité. En octobre 2020, deux jumeaux siamois de neuf mois ont été séparés avec succès par des médecins de l'hôpital pour enfants de l'UC Davis. Les deux petites filles étaient jointes à la tête, créant un problème pour les chirurgiens en raison du réseau compliqué de vaisseaux sanguins dans la tête. Pour tout cartographier, les médecins ont utilisé les lunettes de réalité mixte de Magic Leap pour déterminer ce qui devrait être démêlé avant de mettre les pieds dans la salle d'opération - réduisant le risque et augmentant les chances de succès de la chirurgie.<br class='autobr' /> Tout l'impact de l'IdO sur les soins de santé ne se fera pas sentir dans le domaine chirurgical. Une meilleure technologie de surveillance, comme les appareils portables, pour suivre la température corporelle et la fréquence cardiaque, peut aider les gens à faire plus à la maison, réduire le besoin de visites chez le médecin et réduire les coûts. À l'aide de capteurs connectés, les hôpitaux régionaux peuvent suivre les actifs tels que les lits d'hôpitaux, les ventilateurs, les machines de sauvetage et réduire le temps consacré à la localisation de l'équipement. Avec la 5G et une connectivité haute vitesse constante, les contrôles virtuels vidéo de haute qualité peuvent offrir une qualité et une échelle.<br class='autobr' /> Les lieux des tests et des vaccins de COVID-19 seront également un point central pour 2021. Offrir des solutions de réponse rapide avec une connectivité sans fil sécurisée permettra aux professionnels des urgences et de la santé de se concentrer sur les patients et de fournir des services et des outils dans des lieux nouveaux et inattendus.<br class='autobr' /> <strong>L'apprentissage à distance - il ne peut pas être entièrement virtuel mais peut ouvrir de nouvelles portes</strong><br class='autobr' /> L'éducation est l'un des secteurs les plus perturbés lors de la pandémie de COVID-19. Il y a certaines choses à propos de l'expérience éducative en personne qui sont difficiles à reproduire même avec la meilleure technologie à distance. L'aspect social de l'éducation n'est pas entièrement transmis à travers un écran, mais les enseignants ont été agiles et créatifs. Les éducateurs ont d'abord adopté de nouveaux outils par nécessité et par besoin de faire participer les étudiants éloignés. Mais il n'y a aucune raison pour que ces tendances ne puissent pas continuer alors même que la pandémie disparaît. Les technologies 5G et IdO peuvent aider à créer de nouvelles expériences, comme des excursions virtuelles. Une visite virtuelle d'un musée ne sera pas la même chose qu'une visite en personne, mais elle peut être plus engageante et mémorable que la lecture dans un livre.<br class='autobr' /> L'IdO peut contribuer à réduire la fracture numérique en partageant efficacement les ressources et les enseignants. Dans les zones rurales, les élèves peuvent potentiellement apprendre d'un professeur de calcul d'une autre école. De meilleures applications IdO permettront aux enseignants de « visiter » virtuellement la salle de classe et d'interagir avec les élèves. Nous verrons une augmentation des méthodes d'enseignement et d'apprentissage numériques et virtuelles.<br class='autobr' /> Des chaînes d'approvisionnement et de fabrication plus intelligentes<br class='autobr' /> Le fait de repenser et de mettre à jour la fabrication, les opérations et les chaînes d'approvisionnement s'accélèrera en 2021. Le besoin de fabriquer et de produire localement a conduit à des progrès dans l'efficacité de la logistique. La pandémie a conduit à la prolifération d'appareils intelligents dans les environnements de fabrication. Cela se poursuivra, même si le virus est sous contrôle au fur et à mesure que les vaccins sont distribués. Les entreprises se rendent compte qu'en intégrant des applications IdO dans l'usine, les avantages commerciaux et économiques se matérialisent rapidement. Par exemple, les caméras infrarouges sur une ligne de production pourraient remplacer les inspecteurs, libérant ainsi le personnel pour d'autres tâches. Un robot d'exploration dans le système de chauffage, de ventilation et de climatisation peut surveiller les conditions d'une manière qui est impossible pour un humain.<br class='autobr' /> 2021 sera l'année des jumeaux numériques et de la 5G. Le jumelage consiste à collecter des données sur un processus ou une machine pour créer un modèle prédictif, un « jumeau » numérique, qui permet un meilleur suivi de l'usure et des besoins de maintenance. En fin de compte, ces gains d'efficacité opérationnelle réduisent les coûts.<br class='autobr' /> Taylor Construction, en Australie, est une entreprise qui profite pleinement de l'offre de jumeaux numériques et de XR. Avec la 5G, les ouvriers du bâtiment, les architectes et les équipes de production disposent d'une connectivité haut débit sécurisée et d'une faible latence pour appliquer la visualisation holographique des bâtiments, l'analyse de sécurité à 360 degrés, des capteurs intelligents sur les structures et des plans de conception numérique en temps réel sur site.<br class='autobr' /> Le suivi de la micro-mobilité change la façon dont nous nous déplaçons dans les villes<br class='autobr' /> Comme la plupart d'entre nous travaillons à domicile, notre mobilité se limite à la proximité de notre communauté locale. Avec l'évolution des modes d'utilisation des voitures et des transports publics, d'autres modes de transport, y compris les trottinettes électriques ou les vélos électriques, deviennent plus répandus. Avec des programmes de partage de trottinettes électriques disponibles dans plus de 100 villes, dans au moins 20 pays, du Chili à la Corée du Sud en passant par la Nouvelle-Zélande, ils doivent tous être connectés. L'IdO est la base de la connexion et de la coordination de ces trottinettes et fournit une connectivité aux entreprises de micro-mobilité pour fournir ces services.<br class='autobr' /> <strong>La durabilité se poursuit en 2021</strong><br class='autobr' /> En 2020, la durabilité a été éclipsée par la pandémie de COVID-19. En 2021, c'est un prérequis pour notre avenir. Les technologies numériques jouent un rôle central en aidant la communauté mondiale à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 30 % d'ici 2030, comme le souligne le dernier rapport sur la Feuille de route exponentielle. En tant que leader technologique, Ericsson a joué un rôle actif dans l'établissement d'un précédent et a réduit ses émissions de 50 %. Les technologies numériques et l'IdO permettent d'accéder aux besoins humains fondamentaux tels que l'eau potable et la nourriture.<br class='autobr' /> Selon les Nations Unies, trois personnes sur dix n'ont pas accès à des services d'eau potable gérés en toute sécurité. La surveillance des données en temps réel et les systèmes intelligents peuvent garantir la qualité de l'eau. Wayout est une entreprise répondant aux besoins en eau propre. Elle a permis aux micro-usines de produire localement de l'eau propre et filtrée avec une empreinte écologique minimale. Alimentées par des panneaux solaires, les micro-usines offrent un système avancé de purification de l'eau. L'agriculture intelligente est un autre exemple de la manière dont nous pouvons améliorer l'efficacité de nos ressources pour la production alimentaire. Stanley Black & Decker a lancé un système d'irrigation d'eau à connexion intelligente pour les agriculteurs locaux en Inde. Grâce à une irrigation intelligente et connectée, les agriculteurs peuvent mieux gérer les ressources en eaux souterraines et tirer parti des saisons pour produire jusqu'à trois cultures par an, ce qui entraîne un rendement et des revenus supplémentaires.<br class='autobr' /> <strong>Une perspective positive</strong><br class='autobr' /> Au fur et à mesure que nous procédons à la transformation numérique à plus grande échelle et à une vitesse croissante, il y aura des obstacles sur la route. À mesure que de plus en plus d'appareils sont intégrés dans les entreprises, la normalisation et la connectivité deviennent de plus en plus importantes.<br class='autobr' /> Si nous pouvons relever ces défis, nous pouvons faire un bond en avant significatif dans l'IdOT en 2021, avec la 5G en tant que plate-forme d'innovation et la durabilité ancrée dans notre entreprise. La pandémie de COVID-19 a accéléré l'adoption de ces technologies par nécessité. Mais elles seront avec nous pour aller de l'avant à mesure que la connectivité devient encore plus essentielle à la façon dont nous vivons, apprenons et travaillons. Et une technologie plus intelligente sera meilleure et aidera à libérer les entreprises.</p> <p>Par Åsa Tamsons responsable du domaine d'activité Technologies et Nouveaux Business chez Ericsson.</p></div> Étudiants étrangers, victimes collatérales COVID-19 : Suggestions de mesures exceptionnelles https://24haubenin.com/?Etudiants-etrangers-victimes-collaterales-COVID-19-Suggestions-de-mesures https://24haubenin.com/?Etudiants-etrangers-victimes-collaterales-COVID-19-Suggestions-de-mesures Fri, 12 Feb 2021 00:30:00 +0100 fr Judicaël ZOHOUN <p>Dans les deux sens du terme les étudiants étrangers sont des victimes collatérales des conséquences de la pandémie du Coronavirus : Non seulement les difficultés spécifiques auxquelles ils sont confrontés sont en marge du débat public, mais aussi elles ne sont pas ligne direct avec celles des étudiants nationaux. Certes, ils subissent au même titre que les étudiants nationaux les effets des confinements et des couvre-feux. Mais en plus, du fait de leur extranéité, ils endurent des galères (...)</p> - <a href="https://24haubenin.com/?-Divers-" rel="directory">Opinion </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.com/local/cache-vignettes/L113xH150/arton29586-50cbf.jpg?1627652302' width='113' height='150' /> <div class='rss_texte'><p>Dans les deux sens du terme les étudiants étrangers sont des victimes collatérales des conséquences de la pandémie du Coronavirus : Non seulement les difficultés spécifiques auxquelles ils sont confrontés sont en marge du débat public, mais aussi elles ne sont pas ligne direct avec celles des étudiants nationaux. Certes, ils subissent au même titre que les étudiants nationaux les effets des confinements et des couvre-feux. Mais en plus, du fait de leur extranéité, ils endurent des galères existentielles indicibles, académiques, et administratives susceptibles de compromettre leur scolarité et leurs projets professionnels. Il urge que les autorités de leurs pays d'origine, mais surtout celles de la France, prennent des mesures exceptionnelles pour les soutenir. Je suggère des pistes pour négocier de telles mesures avec les autorités.</p> <p><strong>Suggestions de mesures à négocier avec les gouvernements des pays d'origine des étudiants étrangers.</strong></p> <p>La sécurité et la défense des intérêts des étudiants étrangers en France incombent d'abord aux gouvernements de leurs pays d'origine. Les associations d'étudiants étrangers pourraient négocier avec leurs gouvernements respectifs :</p> <p><img src='https://24haubenin.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif?1627650954' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> La mise en place d'une aide d'Etat ponctuelle sur critères sociaux pour aider les étudiants en difficulté à surmonter les effets de la pandémie, et à justifier leurs revenus pour le renouvellement de leurs titres de séjour. A défaut de mesures spéciales, beaucoup d'étudiants étrangers qui justifient leurs revenus par les ressources tirées de leur job étudiant, risquent de rencontrer des difficultés pour renouveler leurs titres de séjour. Avec le Covid, la raréfaction des jobs étudiants, des stages payés et des contrats d'alternance, impactera inéluctablement les moyens d'existence des étudiants non boursiers. Les mesures épidermiques qui seront prises tardivement ne serviront pas à grand-chose. Un problème prévisible se dénoue en amont, pas à l'aval. Gouverner c'est prévoir et anticiper.</p> <p><img src='https://24haubenin.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif?1627650954' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> D'engager, en mandatant des experts de la question migratoire et des acteurs du terrain pour appuyer les officiels, des négociations avec les autorités françaises pour adapter à la crise sanitaire les clauses du droit international conventionnel qui régissent le séjour des étudiants étrangers. Les pays africains peuvent suggérer à la France une clause provisoire, emportant dérogation spéciale sur l'exigence des conditions de revenus et de progression dans les études pour le renouvellement des titres de séjour « Etudiant ». D'autant plus que, le cas échéant, c'est ce droit spécial, et non le droit français, qui régit le séjour de leurs ressortissants qui étudient en France. A défaut, le statu quo confortera la pratique du renvoi au droit français, et causera un tort aux étudiants étrangers, avec un risque de multiplication des OQTF au courant de l'année 2021.</p> <p><strong>Suggestions de mesures à négocier avec le gouvernement français pour résoudre les difficultés existentielles des étudiants.</strong></p> <p>Le gouvernement français a montré sa disposition à chercher des solutions aux difficultés particulières causées par la pandémie du Covid 19. Les associations et syndicats d'étudiants peuvent saisir cette ouverture pour demander, ensemble, au gouvernement français :</p> <p><img src='https://24haubenin.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif?1627650954' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> De mettre en place un chèque-restau accessible à tous les étudiants, pendant toute la durée de l'état d'urgence sanitaire. C'est plus pratique et plus démocratique que la mesure du repas en restaurant universitaire à 1 euro. Tous les étudiants n'habitent pas à côté d'un restaurant universitaire. Et même ceux qui habitent à côté ne peuvent pas forcément s'y rendre aux heures d'ouverture. Si la volonté de les aider à ne pas crever la dalle est réelle, un chèque-restau est plus adapté. Il sera aussi plus utile que le chèque-psy proposé aux étudiants pour consulter un psychologue. D'autant plus que le fait de se convaincre qu'on doive se faire examiner par un psy, parce qu'un chèque-psy est offert, peut engendrer une dépression placebo dont les étudiants n'ont pas besoin. Fort heureusement, tous les étudiants ne sont devenus dépressifs à cause du Covid, des confinements, des couvre-feux et des cours à distance.</p> <p><img src='https://24haubenin.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif?1627650954' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> De suspendre provisoirement, pendant toute la durée de l'état d'urgence sanitaire, toute différence de traitement entre les étudiants, pour bénéficier des aides mises en place par l'Etat français. Il est incompréhensible, que pendant cette grave période de crise, on accorde des aides à des étudiants parce qu'ils sont boursiers ou bénéficient d'une aide au logement, et qu'on les refuse aux autres. Les étudiants non boursiers ne souffrent pas moins des effets de la pandémie et des mesures de confinement, que ceux qui ont la chance d'avoir une bourse. De même, l'extranéité des étudiants étrangers ne doit pas justifier, en période de crise sanitaire, qu'ils soient exclus des aides de l'Etat qui les a admis à séjourner et à étudier sur son territoire. Leur nationalité étrangère ne justifie pas qu'ils supportent plus rudement les difficultés engendrées par les mesures contraignantes prises par le gouvernement pour maîtriser la pandémie.</p> <p><strong>Suggestions de mesures à négocier avec le gouvernement français pour résoudre les difficultés académiques et d'insertion professionnelle des étudiants étrangers.</strong></p> <p>Pour atténuer ces difficultés les associations et syndicats d'étudiants peuvent négocier avec les autorités françaises : <br /><img src='https://24haubenin.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif?1627650954' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> D'accorder un moratoire sur l'exigence du caractère réel et sérieux et de la progression dans les études, comme condition sine qua non du renouvellement des titres de séjours des étudiants étrangers. Le gouvernement a admis que la pandémie du Covid 19 est une force majeure au sens juridique et matériel, qui lui permet d'imposer des faits du prince, des restrictions de liberté et des atteintes aux principes démocratiques : gouvernement par ordonnance, confinement, déconfinement, reconfinement, couvre-feux, fermetures des frontières, etc. Cette même force majeure, et les faits du prince décidés, justifient qu'on ne puisse reprocher à un étudiant étranger, qui demande le renouvellement de son titre de séjour, la non progression dans ces études pendant cette période. La fermeture de certaines entreprises, des magasins, des restaurants et hôtels a impacté négativement la recherche d'un job étudiant, d'un stage obligatoire ou d'un contrat d'alternance. Les associations et syndicats d'étudiants peuvent dès lors négocier que l'année 2020 soit considérée comme une année blanche dans la computation des années d'études en France, pour du renouvellement des titres de séjour « Etudiant ».</p> <p><img src='https://24haubenin.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif?1627650954' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> Le renouvellement automatique des cartes de séjour « Recherche d'emploi - Création d'entreprise » (RECE), pour les mêmes motifs susmentionnés. Nul besoin de démontrer que la situation sanitaire n'est pas favorable au recrutement des diplômés par les entreprises. A cela s'y est ajouté des difficultés particulières pour les étudiants étrangers d'obtenir cette carte à temps, ou même un rendez-vous en vue de déposer leur demande de changement de statut. Dès lors, il est légitime de négocier le renouvellement automatique des cartes de séjour RECE, pour une durée d'un an. Une application non circonstanciée de la réglementation sur la carte RECE, en vigueur depuis mars 2019, aboutirait à la délivrance d'obligations de quitter le territoire français (OQTF) à beaucoup de diplômés étrangers d'ici la fin de l'année 2021. Les étudiants doivent rappeler au gouvernement les lois qui permettent aux diplômés étrangers d'acquérir une première expérience professionnelle en France. Or, la crise du Covid 19 est un obstacle avéré à l'acquisition de cette expérience professionnelle. Donc la durée des cartes de séjour RECE ayant couru pendant les périodes d'état d'urgence sanitaire, à savoir depuis mars 2020, ne doit pas être prise en compte. Le renouvellement systématique, à titre exceptionnel, des cartes de séjour RECE est légitime et fondé en droit.</p> <p><img src='https://24haubenin.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif?1627650954' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> D'accorder une exonération spéciale des taxes que les employeurs qui souhaitent recruter un diplômé étranger en France doivent payer à l'OFII. Déjà, en temps de prospérité, ces droits constituent une restriction à l'embauche des diplômés étrangers. Avec la baisse de l'activité économique et l'effondrement des recrutements en CDI dus à la crise sanitaire, les entreprises seront encore plus réticentes à devoir payer une taxe avant de pouvoir recruter un diplômé étranger. Les étudiants étrangers en prennent plus sur leurs figures que les nationaux et les européens. Sans cette mesure, les exonérations de cotisations patronales et salariales destinées à favoriser l'embauche des jeunes ne profiteront pas aux diplômés étrangers en recherche d'emploi. Le plan jeune et le dispositif exceptionnel d'exonération des charges pour le recrutement des jeunes devraient intégrer cette mesure qui ne coûtera pas grand-chose, comparé au coût des 60 000 "contrats initiatives emploi" financés en partie par l'Etat français.</p> <p>Le marché de l'emploi en France est déjà très tendu à cause de la pandémie du Covid 19. Il le sera davantage, quand l'Etat français sera contraint de mettre un terme au coma financier par lequel il maintient artificiellement la santé économique des entreprises. Les jeunes diplômés auront alors plus de mal à décrocher, à court terme, leur premier emploi. Avec l'opposabilité de la situation de l'emploi, les étudiants étrangers verront de nouveaux bunkers s'ériger sur le chemin de leur changement de statut. Par conséquent, il est légitime d'adopter des mesures exceptionnelles pour les aider à surmonter les affres du Coronavirus, qui sont constitutives d'une force majeure extérieure, imprévisible, et irrésistible.</p> <p>© <strong>Aliou TALL,<br class='autobr' /> Juriste spécialiste du Droit des étrangers en France.<br class='autobr' /> Email : raducc@hotmail.fr</strong></p></div>