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L’action climatique centrée sur les enfants ne peut pas attendre




Par The Lancet Child & Adolescent Health

L’urgence de la crise climatique et ses effets sur la santé des enfants sont indéniables. Selon le dernier rapport annuel du Lancet Countdown sur la santé et les changements climatiques, les températures mondiales en 2023 sont les plus élevées depuis plus de 100 000 ans. Les nourrissons de moins d’un an, particulièrement vulnérables à la chaleur extrême, ont été exposés à 8,4 jours de canicule par an de 2013 à 2022, contre 4 jours de 1986 à 2005. En 2022, plus de 27 millions d’enfants ont été confrontés à une insécurité alimentaire aiguë en raison de conditions météorologiques extrêmes dans des pays fortement touchés par la crise climatique. L’UNICEF estime que 739 millions d’enfants ont été exposés à une pénurie d’eau élevée ou extrêmement élevée. Les enfants courent donc un risque accru de déshydratation, de malnutrition, d’infections mortelles (dengue, paludisme, vibriose), entre autres. Et ce, avec des conséquences à vie sur leur bien-être physique et mental ainsi que sur leur capital humain.

Bien qu’ils soient exposés à un risque élevé en raison de leur physiologie unique, de l’exposition cumulée au cours de leur vie et de leur vulnérabilité sociale, les enfants et les adolescents ont été largement ignorés dans la réponse aux changements climatiques. Les préoccupations des jeunes concernant les changements climatiques et leur leadership dans l’activisme contrastent fortement avec la façon dont ils sont pris en compte dans les politiques, les financements, la couverture médiatique et les discours liés au climat. Selon l’UNICEF, seuls 2 à 4 % des principaux fonds multilatéraux pour le climat soutiennent des projets intégrant des activités adaptées aux enfants. L’analyse faite par Kathrin Zangerl et ses collègues des politiques nationales d’adaptation au climat de 160 pays indique que seuls cinq pays (3 %) prennent des mesures spécifiques aux enfants. La plupart des pays négligent largement (111 [69 %]) ou totalement (44 [28 %]) les besoins des enfants. Lorsque les besoins des enfants sont pris en compte, l’accent est mis sur l’éducation, la sensibilisation, l’engagement communautaire et la nutrition, avec une attention particulièrement faible pour la phase intermédiaire de l’enfance (6-12 ans).

Aucun pays n’a inclus directement dans sa politique d’adaptation au climat les besoins des enfants en matière de santé mentale. Ce qui constitue un énorme décalage avec l’anxiété climatique généralisée chez les adolescents et leur mécontentement à l’égard des réponses gouvernementales. Les enfants sont également simplifiés à l’extrême dans ces politiques. Ils sont souvent conceptualisés uniquement comme vulnérables et nécessitant une protection, et généralement universalisés avec peu de considération pour les âges, les stades de développement, les sexes, les rôles sociaux et l’agentivité. Par conséquent, de nombreuses mesures d’adaptation ciblent des acteurs liés aux enfants (par exemple, les soignants, les éducateurs, les professionnels de la santé) au lieu de favoriser l’autonomie et la participation des enfants.

Ces lacunes devraient inciter à prendre des mesures immédiates et audacieuses pour intégrer les besoins des enfants et des adolescents dans la réponse climatique. La Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant stipule que les enfants ont le droit de participer aux décisions qui les concernent. Les enfants doivent donc être considérés comme ayant besoin à la fois d’autonomisation et de protection. Ils doivent aussi être considérés comme des co-créateurs actifs dans l’élaboration des politiques (par exemple, par le biais de processus consultatifs, de cadres participatifs, d’exercices d’idéation et de réflexion sur la conception, et d’initiatives menées par des adolescents). La créativité, les capacités et l’action des enfants et des jeunes doivent être respectées et valorisées - une telle participation significative à la prise de décision est essentielle pour défendre la justice intergénérationnelle, améliorer la cohésion sociale et créer des communautés plus égalitaires. L’engagement des adolescents dans les politiques liées au climat peut également être un moyen utile de faire face à l’anxiété climatique, qui ne doit pas être perçue comme une pathologie, mais au contraire reconnue, validée et prise en compte.

Le temps presse et le coût de l’inaction est élevé. Des années d’action insuffisante ont mis le monde sur la voie d’un réchauffement de près de 3°C. De nouveaux retards dans l’action risqueraient d’aggraver toutes les dimensions de santé suivies à mesure que le climat change. Un engagement politique et des investissements sont nécessaires pour accélérer les progrès en vue d’abandonner les combustibles fossiles, d’accélérer les mesures d’atténuation et de mettre en place des mesures d’adaptation pour la santé, en plaçant les enfants et les adolescents au cœur de ces mesures. Un nouveau rapport du Partenariat pour la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant (PMNCH) préconise des investissements immédiats et à grande échelle pour accroître les capacités et le bien-être des adolescents, avec deux priorités clés : la prévention et le traitement de la santé mentale, la préparation à faire face aux réalités émergentes telles que les changements climatiques. Même si de tels investissements sont nécessaires, les gouvernements ne doivent pas oublier que la cause profonde du fait que les enfants vivent dans un monde en dégradation et en héritent peut être attribuée aux combustibles fossiles et à d’autres industries nocives pour la santé. Les gouvernements doivent prendre ces avertissements au sérieux et s’engager à mettre en place un plan ambitieux et solide pour mener à bien une action climatique favorable à la santé.
Les défis de la crise climatique sont évidents, mais la nécessité de donner la priorité aux enfants et aux adolescents dans les plans nationaux d’adaptation climatique l’est tout autant. Les enfants sont les premiers concernés par l’action climatique - agissons en conséquence.

La version originale de cet éditorial, en anglais, a été publiée par The Lancet

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